03.10.2002 - TPIR/CYANGUGU - LA DEFENSE D’IMANISHIMWE A CITE UN DE SES EX-CAMARADES DE FRONT

Arusha, le 3 octobre 2002 (FH) - La défense de l'ancien commandant du camp militaire de Karambo à Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), le lieutenant Samuel Imanishimwe, a cité un ex-camarade de front de l'accusé jeudi devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé "PNC" pour protéger son identité, le premier témoin de la défense à déposé à huis clos dans la matinée.

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A la reprise de l'audience en public, en début d’après-midi, PNC a affirmé avoir combattu avec Imanishimwe en octobre 1990 dans la région de Mutara (nord du Rwanda) contre le FPR (Front Patriotique, l'ex-mouvement rebelle à dominante Tutsie) qui avait lancé des attaques contre le Rwanda.

l'ex-compagnon de lutte de l'accusé, dont le grade n'a pas été révélé, a affirmé que la nouvelle du décès du président Juvénal Habyarimana survenue le 6 avril 1994 a été communiquée aux militaires du camp Karambo par le commandant la même nuit du 6 au 7 avril "vers 21 heures".

S'exprimant dans sa langue natale, le kinyarwanda, le témoin a indiqué que le but de ce "rassemblement" était D'informer les militaires du camp qu'"ils devaient être en état D'alerte", ainsi que de "la conduite à tenir pendant cette période".

Le témoin a déclaré qu’aucune autre réunion n’a été tenue le 7 avril, ni au camp, ni à la résidence du commandant Imanishimwe, contrairement à la thèse du parquet. l'accusation allègue en effet qu'à cette date, l'accusé aurait tenu une réunion dont le but était de sensibiliser la population à perpétrer des massacres.

Le parquet affirme par ailleurs qu'"entre les mois D'avril à juillet 1994, le lieutenant Imanishimwe a participé avec ses militaires à la sélection et à l'arrestation des Tutsis dont certains furent par la suite exécutés au camp militaire de Cyangugu".

Le témoin a affirmé ne pas être au courant D'arrestations, D'emprisonnements, de tortures ou D'assassinats de civils au camp Karambo, expliquant que, dès le 7 avril, après l'annonce de la mort du président, ordre avait été donné aux militaires D'occuper des positions stratégiques telles que l'aéroport et la (rivière) Rusizi I et II frontalière avec l'ex-Zaïre.

Imanishimwe est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, ainsi que l'ex-ministre des transports et communications sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura. Ils plaident non coupables aux accusations de massacre des Tutsis perpétrés dans cette région entre avril et juillet 1994.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge George Llyod Williams de
Saint Kitts et Nevis, et comprenant en outre les juges russe Yakov Ostrovsky, et slovène, Pavel Dolenc.

GA/GF/FH (CY-1003A)