02.10.2002 - TPIR/KAJELIJELI - LE PROCES KAJELIJELI REPORTE FAUTE DE TEMOINS A DECHARGE

Arusha, le 2 octobre 2002 (FH) – Le procès de l'ex-maire de Mukingo (province de Ruhengeri, nord-ouest du Rwanda) Juvénal Kajelijeli, en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a été suspendu jusqu'à lundi 7 octobre prochain, faute de témoins à décharge.

"Deux témoins, RHU24 et RHU29, que nous attendions ne sont pas encore arrivés.

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Selon les informations à notre disposition, ils seraient en route et pourraient arriver au cours des deux prochains jours" a déclaré à la cour l'avocat américain de l'accusé, Me Lennox Hinds.

"S'agissant des quatre témoins détenus au Rwanda, nous apprenons que les mesures nécessaires ont été prises par les autorités rwandaises et qu’ils
pourraient arriver à Arusha ce week-end" a-t-il ajouté, avant de demander l’ajournement du procès jusqu'à lundi prochain.

Le représentant du greffe a justifié le retard de RHU24 et de RHU29 par la lenteur de la défense à "fournir à temps une liste D'identification des témoins en provenance du Rwanda, afin que tout le nécessaire soit fait pour leur permettre de voyager au moment requis".

"Etant donné que les témoins de la défense venant du Rwanda sont à haut risque, nous devions nous assurer de leur protection avant de respecter le délai de deux mois exigé pour l'introduction des fiches D'identification. Or le service concerné ne nous a pas assuré à temps que les mesures de protection requises avaient été prises" a confié à l'agence Hirondelle un membre de l'équipe de la défense.

L’absence des témoins a donc conduit le juge tanzanien William Hussein Sekulé, qui préside les débats, a reporter l'audience à 9h00, lundi prochain.

Les témoins font rebondir le procès
C'est la deuxième fois que le procès de l'ex-maire de Mukingo est suspendu faute de témoins. Le 10 avril dernier, le procès avait dû être reporté après que deux témoins à charge avaient refusé de comparaître, suite à la décision des associations rwandaises des rescapés de génocide de rompre toute relation avec le TPIR.

Le parquet, qui venait de citer quatorze témoins, avait alors décidé de clôturer ses moyens de preuve. l'accusation n'avait toutefois pas renoncé à ces deux témoins. Il entendait les présenter au moment opportun pour contester la défense D'alibi que développe actuellement l'accusé. Il appartient au procureur de décider s’ils seront finalement appelés à la barre.

En reportant l'audience mercredi, le juge président a également demandé à la défense "d’envisager, au vu du nombre de témoins qui viennent de témoigner,
la possibilité de réduire le nombre de ceux qui doivent encore comparaître, afin de pouvoir écourter la session prévue en novembre prochain".

La défense a promis d’y réfléchir, tout en faisant remarquer que les témoins appelés jusqu'ici "n’ont jamais fait double emploi". La défense avait, au préalable, annoncé une trentaine de témoins à décharge.

Depuis la reprise du procès le 16 septembre dernier, dix témoins à décharge ont pu être entendus. Principalement venus du Rwanda, la plupart d’entre eux ont déposé à huis clos.

C'était également le cas du dixième témoin, "RHU31", entendu mardi et mercredi. On ne retiendra de son témoignage en audience publique que sa requête à la chambre :"Depuis notre fuite en 1994, je n'ai revu Kajelijeli qu'hier dans ce prétoire. Je vous demanderais respectueusement de m'accorder, ne fût-ce que deux minutes, pour le saluer".

De tous les procès du TPIR, celui de Kajelijeli est celui qui a réuni le plus de témoins à décharge en provenance du Rwanda. Il est aussi l'un des rares à entendre comme témoins à décharge des personnes détenues au Rwanda.

Juvénal Kajelijeli est jugé par la deuxième chambre de première instance, présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekulé, est composée par ailleurs des juges Arlette Ramaroson de Madagascar et Winston Churchill Matanzima Maqutu de Lésotho.

BN/GF/FH(KJ-1002A)