01.10.2002 - TPIR/CYANGUGU - NTAGERURA NIE AVOIR ADHERE A UNE ENTREPRISE CRIMINELLE

Arusha, le 1er octobre 2002 (FH) - l'ex-ministre des transports et des communications sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura, a nié avoir la moindre implications dans les massacres de Cyangugu (sud-ouest du Rwanda) durant le génocide de 1994.

Ntagerura témoigne pour sa propre défense depuis le 17 juillet dernier devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

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Il est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, et l'ancien commandant du camp militaire de Karambo dans la même région, le lieutenant Samuel Imanishimwe.

Le procureur estime que Ntagerura, en sa qualité de ministre originaire de Cyangugu, dont il avait également été député de 1982 à 1991, aurait dû mener des enquêtes sur les massacres perpétrés dans cette préfecture entre avril et juillet 1994. Ntagerura a rétorqué qu'il n'en avait pas eu le temps.

"Si J'avais été régulièrement à Cyangugu, J'aurais pu le faire", a-t-il dit, ajoutant qu'il recevait des informations "non pas détaillées mais globales (relatives aux tueries)". l'accusé soutient de plus qu'au moment des faits, il était absent de la circonscription, soit occupé avec le gouvernement intérimaire, soit en mission à l'étranger.

"Vous dites que vous n'avez pas eu le temps de vous renseigner sur les massacres dont 100.000 Tutsis ont été victimes dans votre circonscription"?, a demandé la représentante tanzanienne du parquet, Holo Makwaia, impliquant que l'accusé s'était entendu avec Bagambiki et Imanishimwe pour organiser ces massacres.

"C'est votre point de vue. Je ne le partage pas du tout", a réagi Ntagerura, expliquant par ailleurs que les enquêtes ne relevaient pas de ses responsabilités. "Des services étaient chargés de cela, même si le fonctionnement (de l'appareil de l'Etat) n'était pas ce qu'on aurait souhaité (à cette époque)", a expliqué l'accusé.

l'accusation allègue que les 100.000 victimes Tutsis évoquées par le procureur ont été massacrées à Cyangugu en l'espace de 23 jours. Cependant, une enquête récente menée par le gouvernement rwandais avance le chiffre de 55.271 victimes dans cette province.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge George Llyod Williams de Saint Kitts et Nevis, et comprenant en outre les juges russe Yakov Ostrovsky, et slovène, Pavel Dolenc.

GA/FH (CY-1001A)