30.09.2002 - TPIR/KAJELIJELI - l'EX-MAIRE DE MUKINGO EST « UN HOMME BON », SELON UN TEMO

Arusha, le 30 septembre 2002(FH) – Un témoin à décharge a affirmé lundi que l'ex-maire de Mukingo (province de Ruhengeri, nord-ouest du Rwanda) Juvénal Kajelijeli, dont le procès est en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), est « un homme bon » qui ne peut être impliqué dans le génocide.

Dénommé "RHU26" pour protéger son identité, le huitième témoin à décharge est une femme tutsie qui se serait cachée chez l'accusé durant toute la période du génocide, D'avril à juillet 1994.

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"Dès le 7 avril, je suis allée chercher refuge chez Kajelijeli parce que je savais qu'il était bon" a déclaré à la cour Mme "RHU26". Je le sais parce que, en 1992, quand on avait pourchassé les Tutsis, il les avait regroupés à l'ISAE [institut supérieur agri-véterinaire situé en commune de Mukingo]. Il s'était ensuite rendu à la préfecture de Ruhengeri chercher des gendarmes pour assurer leur protection" a -t-elle poursuivi.

Mme RHU26 a déclaré que Kajelijeli, qui l’avait cachée avec son enfant, avait fait de même pour un couple tutsi durant les massacres de 1994.

"J'ai décidé de venir témoigner dans cette affaire parce que Kajelijeli m'a sauvé la vie à ses risques et périls. Si on m'avait découverte chez lui on m'aurait tuée avec lui ou avec sa famille. Je viens le défendre, malgré les conséquences qui peuvent en découler" a déclaré le témoin, qui s'exprimait en sa langue maternelle, le Kinyarwanda.

Juvénal Kajelijeli répond de onze chefs D'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité comprenant des violences sexuelles. Le parquet
l'accuse D'avoir dirigé et pris part aux massacres de Tutsi dans sa commune natale de Mukingo et dans ses environs. Il plaide non-coupable.

Le neuvième témoin a entamé sa déposition lundi après-midi. Mais seule sa prestation de serment s’est déroulée en audience publique, le reste s'étant déroulé à huis clos. Il témoigne sous le pseudonyme "RHU 30".

Depuis le début de la présentation des moyens de preuve par la défense, la plupart des témoins entendus ont déposé à huis clos.

" La raison en est que bon nombre D'entre eux viennent du Rwanda et seraient très exposés s'ils déposaient en audience publique", a confié à l'agence Hirondelle un membre de l'équipe de la défense.

Kajelijeli est jugé par la deuxième chambre de première instance, présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekulé, et composée en outre des juges
malgache Arlette Ramaroson, et Winston Churchill Matanzima Maqutu du Lesotho.

BN/GF/FH(KJ-0930A)