24.09.2002 - TPIR/MEDIAS - LA RTLM ETAIT CONTROLEE PAR DES RADICAUX PENDANT LE GENOCIDE, SELON NAHIM

Arusha, le 24 septembre 2002 (FH) - La Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) était tombée sous la coupe des radicaux pendant le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants en 1994, a affirmé Ferdinand Nahimana, l'un de ses promoteurs allégués, mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Poursuivi notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide, Ferdinand Nahimana témoigne depuis le 18 septembre pour sa propre défense.

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Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des Affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, dans le cadre du procès des "médias de la haine".

"La radio RTLM a été séquestrée par des personnes qui avaient un objectif différent du nôtre quand nous l'avons créée. Ils l'ont transformée en instrument de tueries", a déclaré Ferdinand Nahimana.

l'accusé devenu témoin a affirmé que, durant le génocide, la RTLM a connu des "dysfonctionnements" résultant de son "appropriation par les radicaux, les extrémistes dont je ne partage pas la façon de voir et de faire".

Ferdinand Nahimana a indiqué que la RTLM avait été instituée dans le but de promouvoir la démocratie et la liberté D'expression mais que ses initiateurs ne contrôlaient plus ses émissions pendant le génocide. Ferdinand Nahimana a déclaré avoir quitté momentanément le Rwanda le 12 avril 1994 et qu'il n'était plus entré en contact avec l'équipe rédactionnelle de la RTLM. "Je considérais que la société RTLM ne nous appartenait plus", a-t-il dit.

Ferdinand Nahimana a notamment déploré le fait que la RTLM ait diffusé, pendant cette période, des émissions qui pouvaient amener les auditeurs à
confondre Tutsis et ennemis du pays.

"J'étais choqué D'entendre un journaliste dire : celui qui a un nez effilé, n'hésitez pas, c’est un ennemi" a témoigné Ferdinand Nahimana. l'accusé se souvient également avoir entendu des journalistes de la RTLM inciter des gens qui tenaient des barrières à fumer du chanvre. Ferdinand Nahimana les considérait dès lors comme "des gens qui avaient perdu toute humanité", a-t-il dit.

Parlant des crimes commis au Rwanda en 1994, Ferdinand Nahimana les a qualifiés de "comportement bestial, inhumain et indescriptible". Mardi dans l'après-midi, Ferdinand Nahimana répondait aux questions de l'avocat de Hassan Ngeze, l'Américain Me John Floyd.

Mercredi, il sera contre-interrogé par des représentants du parquet.

AT/CE/GF/FH (ME-0924A )