20.09.2002 - TPIR/MEDIAS - NAHIMANA NIE AVOIR INCITE AUX MASSACRES DE TUTSIS AU BUGESERA

Arusha, le 20 septembre 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès D'anciens responsables des "médias de la haine", a nié avoir incité aux massacres de Tutsis perpétrés dans la région de Bugesera (sud de Kigali) en 1992, lors de son témoignage vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana dépose depuis mercredi dernier pour sa propre défense.

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Le parquet le poursuit notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide. Il plaide non coupable.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui, selon le parquet, a accompagné le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana a également dirigé l'Office rwandais D'information (ORINFOR) entre fin décembre 1990 et fin avril 1992. l'ORINFOR gérait les médias D'Etat, dont Radio Rwanda.

Les massacres du Bugesera ont eu lieu en mars 1992. Des témoins de l'accusation ont affirmé que ces massacres ont été déclenchés par "un tract" diffusé par Radio Rwanda, avec l'aval de Ferdinand Nahimana. l'accusé a indiqué au contraire que ces tueries ont eu comme détonateur un meeting politique tenu dans la région par un parti D'opposition, au cours duquel les orateurs s'en étaient pris violemment au maire Fidèle Rwambuka.

Ferdinand Nahimana a reconnu que Radio Rwanda avait diffusé un éditorial appelant à "la vigilance", mais il a nié toute incitation à des massacres. "Dans cet éditorial, il n'est question ni de Tutsis, ni de Bugesera", a souligné l'accusé.

Ferdinand Nahimana a déclaré qu'il avait attiré l'attention du gouvernement sur les différentes zones de tensions inter-ethniques à travers le pays et
qu'il revenait aux autorités D'y envoyer préventivement des forces de l’ordre. Parmi les zones de turbulence à l'époque, Ferdinand Nahimana a cité, en plus du Bugesera, les communes de Gishyita (province Kibuye, ouest), Taba (province Gitarama, centre) et Murambi (province Umutara, est).

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, qui boycotte ce procès depuis son ouverture en octobre 2000, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue accusée D'extrémisme Kangura, Hassan Ngeze.

Ferdinand Nahimana a pris ses distances par rapport à Hassan Ngeze, déclarant au passage que ce dernier l'avait souvent calomnié à travers sa publication.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre
les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Ferdinand Nahimana se poursuit lundi prochain.

AT/CE/GF/FH (ME-0920A )