10.09.2002 - TPIR/KAMUHANDA - LA FEMME DE l'EX-MINISTRE KAMUHANDA CONSOLIDE l' ALIBI DE SON MARI

Arusha, le 10 septembre 2002 (FH) – La femme de l'ex-ministre de l'enseignement suprérieur, de la recherche scientifique et de la culture, Jean de Dieu Kamuhanda a consolidé lundi et mardi, l'alibi de son mari devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Théopiste Ingabire a repris jour par jour la vie de son mari à partir du 7 avril 1994, le lendemain de l’attentat contre l'avion de l'ex-président Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide.

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Mme Ingabire a, au cours de l'interrogatoire principal, confirmé la déposition de son mari devant la cour, selon laquelle il serait resté à Kigali du 7 au 18 avril 1994.

Le parquet affirme au contraire que l'accusé a dirigé et pris part aux massacres de Tutsi perpétrés le 12 avril 1994, dans sa commune natale de Gikomero (province de Kigali rural, centre-est du Rwanda).

l'épouse de l'accusé devrait poursuivre sa déposition mercredi matin lors du contre-interrogatoire.

Sixième témoin à décharge de l'ex-ministre, Mme Théopiste Ingabire n’a pas requis l’anonymat pour sa déposition, contrairement aux quatre témoins
précédents, qui ont tous déposé sous couvert d’anonymat, principalement à huis-clos. Elle a même demandé que les mesures de protection soient levées.

En revanche, sa déposition a été identique à celle des témoins à décharge. Comme eux, elle a renforcé l'alibi de l'accusé.

« Je le jure et le jurerai toujours ; mon mari ne s’est jamais rendu à Gikomero durant les événements. L’accuser de massacres à Gikomero le 12 avril alors que nous étions ensemble, que nous avons fait tous les déplacements ensemble… Je trouve drôle qu’on l’accuse de telles choses! » a déclaré Mme Ingabire à la cour.

L’épouse de l’accusé, comme certains des témoins qui l’ont précédée, a expliqué qu’il était impossible de se rendre à Gikomero à partir de leur quartier de Kigali puisque, à ce moment-là, les combats entre le FPR et les forces armées rwandaises faisaient rage sur les deux routes qui y mènent.

Le représentant du parquet, l'Irlandais Mark Moore, a essayé de contredire ces témoins, soutenant qu'ils inventent un alibi pour sauver leur ami.

Jean de Dieu Kamuhanda est défendu par l'avocate guinéenne Me Aicha Condé.

Il est jugé par la deuxième chambre de première instance, présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, et composée en outre des juges malgache Arlette Ramaroson, et Winston Churchil Matanzima Maqutu.

BN/FH(KH-0910A)