12.07.2002 - TPIR/MEDIAS - LE PARQUET A CLÔTURE SA PREUVE DANS LE PROCES DES MEDIAS

Arusha, le 12 juillet , 2002 (FH) - Le parquet a clôturé sa preuve vendredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" ouvert sur le fond en octobre 2000 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ce procès concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

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Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique en vue de commettre le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants qui ont fait un million de morts en 1994. Ils plaident non coupables. La défense de Ngeze a déclaré avoir déjà déposé une requête en acquittement.

Le parquet a cité quarante sept témoins dans ce procès et a déposé environ 180 pièces à conviction. Le dernier témoin du parquet a été un graphologue kenyan, le policier Antipas Nyajwa, qui a analysé les écritures de Nahimana et de Barayagwiza.

l'avocate anglaise de Nahimana, Me Diana Ellis, a déploré que le parquet ait gaspillé les ressources du Tribunal en faisant inutilement appel à un graphologue, alors que son client n'avait pas contesté son écriture.

La défense de Ngeze a néanmoins mis en cause l'expertise D'Antipas Nyajwa. l'avocat américain de Hassan Ngeze, Me John Floyd, a notamment avancé que le graphologue a "subi des pressions de la part du procureur pour examiner les documents rapidement". Le graphologue a répondu qu'il avait disposé de tout le temps qu'il avait souhaité. l'avocat a suggéré que le témoin avait néanmoins "un préjugé favorable au procureur".

Antipas Nyajwa a indiqué qu'il avait utilisé un microscope de studio pour examiner les écritures de Nahimana et de Barayagwiza. Me Floyd a plaidé que les conclusions tirées par le graphologue n'étaient pas fiables du fait qu'il avait analysé des documents photocopiés et non des originaux.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

l'accusé Barayagwiza boycotte le procès depuis son ouverture, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est assisté par des avocats désignés par la chambre. Barayagwiza ne les reconnaît pas.
AT/DO/FH (ME-0712A )