10.07.2002 - TPIR/MEDIAS - UN EXPERT EST REPROCHE D'OMETTRE DES ELEMENTS DISCULPATOIRES

Arusha, le 10 juillet, 2002 (FH)- La défense de l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a reproché à un expert du parquet qui a analysé cette publication D'avoir omis des articles disculpatoires, mercredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

l'avocat canadien Me René Martel, co-conseil de Hassan Ngeze, contre-interrogeait le sociolinguiste rwandais, Mathias Ruzindana, qui témoigne notamment sur le sens des mots utilisés dans Kangura.

1 min 48Temps de lecture approximatif

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le génocide et plaident
non coupables.

"Il y a plusieurs articles disculpatoires dans Kangura, vous n'en faites pas état" dans le rapport, a demandé Me Martel à l'expert. Mathias Ruzindana a répondu que son travail s'est limité à la signification des termes. Le rapport de Mathias Ruzindana s'intitule:"La langue kinyarwanda, son usage et son impact dans les divers médias pendant la période 1990-1994". l'avocat canadien a suggéré que l'expert n'a pas lu tous les 73 numéros de Kangura et celui-ci a répondu que"il se pourrait qu'il y ait six ou sept qu'on n'a pas trouvé".

Me Martel a par ailleurs estimé que l'expertise de Mathias Ruzindana" ne contient aucune étude comparative". Le témoin a répliqué que dans la dernière partie de son expertise, il faisait également référence à des journaux autres que Kangura, citant le bi-mensuel catholique Kinyamateka. Mathias Ruzindana avait entamé sa déposition au mois de mars mais elle
avait été interrompue pour des raisons de calendrier. Me Martel a plaidé que le témoin ne devrait pas tirer avantage de cette pause en apportant des corrections à son rapport.

Mathias Ruzindana sera également contre-interrogé par la défense de Barayagwiza.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000. Il est représenté par des avocats qu'il ne reconnaît pas.

l'avocat béninois Me Alfred Pognon, co-conseil de Barayagwiza, s'est une nouvelle fois plaint du manque de coopération de son client et a demandé à la chambre de ne pas lui tenir grief, si jamais il dépasse le temps lui accordé pour le contre-interrogatoire, du fait qu'il est obligé de donner plusieurs explications pour faire admettre des documents.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre par les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/DO/FH(ME-0710A)