09.07.2002 - TPIR/MEDIAS - ALISON DES FORGES A TERMINE SA DEPOSITION EN REPONDANT AUX QUESTIONS DE N

Arusha, le 9 juillet, 2002 (FH) -l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, a terminé sa déposition mardi soir en répondant aux questions de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des accusés.

Hassan Ngeze s'était D'abord vu refuser l'opportunité de contre-interroger ce témoin expert du parquet, mais la présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a finalement décidé de lui accorder quelques minutes .

1 min 50Temps de lecture approximatif

l'ancien journaliste a contesté la thèse antérieurement développée par l'expert selon laquelle il aurait été proche de "l'akazu", le cercle autour de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, dont la mort, le 6 avril 1994, a déclenché le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois, selon Kigali.

Hassan Ngeze a illustré son propos par un extrait de Kangura, dans lequel il s'en prenait violement à un beau-frère de l'ancien président, un certain Séraphin Rwabukumba.

Alison Des Forges a reconnu que Rwabukumba avait des relations de parenté avec le président Habyarimana mais a indiqué que seul Ngeze pourrait expliquer cette situation.

"Je suis sûre que M.Ngeze peut expliquer ce qui s'est produit plus que moi-même", a déclaré Alison Des Forges, expliquant que l'itinéraire de l'ancien directeur de Kangura était "complexe".

"Il est très difficile de se faire une idée de sa position à un moment ou à un autre. Je ne connais pas les circonstances dans lesquelles cet article a été publié, ou quelque force qui l'avait encouragé à adopter cette approche[…] Personnellement, je ne trouve pas cet article élogieux", a-t-elle poursuivi.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le génocide. Les coaccusés plaident non coupables.

La déposition D'Alison Des Forges a été suivie par celle du linguiste rwandais Mathias Ruzindana. Son témoignage avait débuté au mois de mars dernier mais ne s'était pas achevée. Le parquet a cité qurante six témouins dans cette affaire. Il devrait clûture sa preuve le 12 juillet.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

l'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000. La défense pourrait présenter ses moyens de preuve dès septembre. Les débats devraient être clos au mois de décembre.
AT/FH(ME-0709B)