03.07.2002 - TPIR/MEDIAS - l'EXPERTISE DE JEAN-PIERRE CHRETIEN MANQUE DE SERIEUX, SELON UN AVOCAT

Arusha, le 3 juillet, 2002 (FH) - Le rapport D'expertise de l'historien français Jean-Pierre Chrétien présenté comme moyen de preuve dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) manque de sérieux, a plaidé, mardi, un avocat de la défense.

l'avocat français Me Jean-Marie Biju Duval, qui représente l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) Ferdinand Nahimana, a relevé plusieurs inexactitudes dans le rapport de l'expert, affirmant qu'il fait "sinon preuve D'une manipulation des faits, du moins D'une absence de sérieux dans l'examen des faits".

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Selon Me Biju Duval, Jean-Pierre Chrétien, dans son analyse, "procède au moins D'une confusion extrémement grave dans la description des faits tels qu'ils se sont déroulés".

Co-auteur de l'ouvrage, "Rwanda. Les médias du génocide", Jean-Pierre Chrétien a été cité par le parquet pour parler de la propagande entretenue par la presse extrémiste dans les années 1990.

Le procès des "médias de la haine" concerne outre Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Me Biju Duval a notamment reproché à Jean-Pierre Chrétien "des incohérences chronologiques", des déductions sur base D'un témoignage unique, la publication de rumeurs non vérifiées ainsi que de "cautionner plusieurs erreurs grossières".

l'avocat français a déclaré qu'il s'interrogeait sur la "grille de lecture critique" des témoignages par l'expert du parquet.

Jean-Pierre Chrétien a reconnu certaines erreurs mais a ajouté que l'avocat faisait "une présentation caricaturale" de son travail.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Jean-Pierre Chrétien devrait également être interrogé par les avocats de Hassan Ngeze et de Jean-Bosco Barayagwiza.

l'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est représenté par des avocats désignés contre son gré par la chambre.
AT/DO/FH (me-0703a )