05.06.2002 - TPIR/BUTARE - l'EX-MAIRE JOSEPH KANYABASHI AURAIT INCITE AUX MASSACRES DE TUTSIS DANS S

Arusha 5 juin 2002 (FH) - Le treizième témoin du parquet dans le procès de six personnes accusées des crimes commis en province de Butare (sud du Rwanda), a commencé sa déposition mercredi soir en alléguant que l'ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi, avait incité aux massacres de Tutsis.

Sont concernés par ce procès ouvert sur le fond le 13 juin 200, outre Joseph Kanyabashi, l'ex-ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, première femme à être inculpée par une juridiction internationale, son fils Arsène Shalom Ntahobali, les ex-préfets Alphonse Nteziryayo et Sylvain Nsabimana, ainsi que l'ex-maire de Muganza, Elie Ndayambaje.

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Désigné sous le pseudonyme "QP" pour protéger son identité, le témoin est une rescapée tutsie, originaire de la commune de Ngoma.

Mme "QP" a allégué qu'à une certaine date au mois D'avril 1994, elle a vu Joseph Kanyabashi, à bord D'un véhicule, circulant dans les secteurs de la commune, en proclamant à l'aide D' un mégaphone : "Qui veut brûler des mauvaises herbes commence par les mettre ensemble". "Par cela il voulait dire qu'il fallait tuer les Tutsis", a rapporté le témoin, se basant sur des explications que lui aurait données son père. Joseph Kanyabashi est poursuivi pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, complicité de génocide, incitation publique et directe à commettre le génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il plaide non coupable.

La déposition de Mme "QP" intervient après celle de Mme "SJ" entendue depuis le 28 mai dernier.

SJ a déposé principalement contre Pauline Nyiramasuhuko et son fils Shalom Arsène Ntahobali ainsi que l'ex-préfet Nsabimana. Au cours du contre-interrogatoire de SJ, les avocats ont relevé plusieurs contradictions, incohérences et omissions entre des déclarations antérieures et sa déposition devant la chambre. Le témoin les a justifiées tantôt par l'oubli, tantôt par les erreurs des enquêteurs qui, a-t-il dit, ne voulaient pas entrer dans les détails, tantôt par des erreurs au niveau de l'interprétation de sa langue maternelle le kinyarwanda.

Le procès de Butare est celui qui regroupe le plus grand nombre D'accusés que le TPIR ait connu jusqu'à présent.

Le parquet entend faire comparaître une centaine de témoins, avant de céder la place à la défense.

Le procès du groupe Butare se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien, William Hussein Sekule, et composée en outre des juges, malgache Arlette Ramaroson et lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

BN/AT/GF/FH(BT-0605A)