29.05.2002 - TPIR/BUTARE - NTAHOBALI ETAIT LE CHEF DES MILICIENS A BUTARE, SELON UN TEMOIN

Arusha 29 mai 2002 (FH) - Arsène Shalom Ntahobali, une de six personnes accusées des crimes commis en province de Butare (sud du Rwanda), était le chef des miliciens, selon un témoin entendu mardi et mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné sous le pseudonyme "SJ" pour couvrir son identité, le douzième témoin du parquet est une rescapée tutsie, qui avait cherché refuge au bureau du préfet de Butare en avril 1994.

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Environ mille cinq cents refugiés Tutsis se trouvaient sur place, a-t-elle dit.

"C'est Shalom qui dirigeait ces miliciens, parce qu'avant de faire quoi que ce soit, ils lui demandaient la conduite à tenir. Oui il était leur chef, parce que à chaque fois, ils lui disaient :'Chef Shalom, que devons nous faire? ', et il leur donnait des directives", a déclaré Mme SJ qui s'exprimait dans sa langue maternelle, le kinyarwanda.

Le témoin a indiqué que l'accusé était venu à trois reprises, en compagnie des miliciens, au bureau du préfet pour enlever des refugiés qui ont été par la suite conduits dans un boisement situé au lieu-dit Kabutare et tués.

"Quand ils [miliciens] lui demandaient la conduite à tenir, il leur répondait: n'y allez pas avec ménagement, voulant dire que personne ne devait rester" a dit le témoin. l'accusé aurait utilisé le terme kinyarwanda "Ntimujenjeke" signifiant "n'ayez pas de pitié" selon Mme SJ.

Mme SJ a dit que les réfugiés chargés à bord D'une camionnette étaient torturés avant D'être tués. " On leur infligeait un traitement atroce, et on les jetait dans le véhicule comme des objets, comme des sacs de haricots", a t-elle indiqué.

Le témoin a déclaré que les réfugiés n'avaient rien à manger ni à boire, et "même un frère blanc qui a essayé de nous assister a été menacé, et traité de complice de Tutsis", a-t-il rapporté.

Sont concernés par ce procès outre Shalom Ntahobali, sa mère Pauline Nyiramasuhuko, ex-ministre de la famille et de la promotion féminine, les ex-préfets de Butare Alphonse Nteziryayo et Sylvain Nsabimana, et deux ex-maires, Joseph Kanyabashi de Ngoma, et Elie Ndayambaje de Muganza. Ils plaident non coupables.

Le procès de Butare, qui regroupe le plus grand nombre D'accusés que le TPIR ait connu jusqu'alors, se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge tanzanien, William Hussein Sekule, et composée en outre des juges, malgache Arlette Ramaroson et lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

BN/AT/GF/FH(BT-0529A)