28.05.2002 - TPIR/BUTARE - l'EX-MINISTRE NYIRAMASUHUKO AURAIT TRAITE LES REFUGIES TUTSIS DE "SA

Arusha 28 mai 2002 (FH) - l'ex-ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, une des six personnes accusées des crimes commis en province de Butare (sud du Rwanda), aurait traité de saleté les Tutsis réfugiés au bureau du préfet en avril 1994, a déclaré mardi, un témoin à charge devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné sous le pseudonyme "SJ" pour préserver son identité, le douzième témoin du parquet est une rescapée tutsie, illetrée, qui avait cherché refuge au bureau du préfet de Butare.

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Environ mille cinq cent réfugiés tutsis se trouvaient à cet endroit, selon le témoin.

"Elle [Nyiramasuhuko] est venue, est entrée dans le bureau du préfet, en est ressortie et a dit qu'il y avait de la saleté à la préfecture. 'Il faut dégager cette saleté, il ne faut pas qu'à mon retour je retrouve cette saleté ici'. Il n'y avait D'autre saleté que les réfugiés tutsis. Elle voulait que ces réfugiés soient évacués de la cour devant la préfecture. Elle voulait donc par saleté, désigner des Tutsis" a dit Mme SJ qui s'exprimait en sa langue maternelle, le kinyarwanda.

Après les propos de Nyiramasuhuko, le préfet de Butare, Sylvain Nsabimana, aurait ordonné aux miliciens et aux militaires de conduire les réfugiés derrière le bureau préfectoral, et de leur interdire de poser les pieds dans la cour, selon Mme SJ. Le témoin a affirmé que les réfugiés n'avaient rien à manger ni à boire, si bien que bon nombre mourraient.

Avant la déposition de SJ , la chambre a fait droit à une requête de la défense en rejet des déclarations additionnelles du témoin, communiquées par le procureur la semaine dernière, arguant qu'elles contenaient des faits nouveaux et de nouvelles accusations qui exigeaient des enquêtes de la part de la défense avant l'audition du témoin.

La déposition de SJ intervient au terme de celle de Mme TK qui a accusé Pauline Nyiramasuhuko et son fils Arsène Shalom Ntahobali D'avoir enlevé les Tutsis du bureau du préfet pour les tuer.

Mme TK a par ailleurs allégué que Ntahobali venait enlever des jeunes filles tutsies pour aller les violer.

Ce procès concerne outre Pauline Nyiramasuhuko et son fils Arsène Ntahobali, les ex-préfets de Butare Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo ainsi que deux ex-maires: celui de Ngoma, Joseph Kanyabashi, et celuii de Muganza, Elie Ndayambaje.

Le procès du groupe Butare se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, et composée en outre des juges, malgache Arlette Ramaroson et lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

BN/AT/GF/FH(BT-0528A)