22.05.2002 - TPIR/BUTARE - LA DEFENSE RELEVE DES INCOHERENCES DANS LES DECLARATIONS D'UN TEMOIN

Arusha 22 mai 2002 (FH) - La défense a relevé plusieurs contradictions, incohérences et omissions entre les différentes déclarations D'un témoin de l'accusation et sa déposition devant la chambre, mercredi, dans le procès de six personnes accusées de génocide en province de Butare (sud du Rwanda), en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Sont concernés par ce procès, l'ex-ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, première femme à être inculpée par une juridiction internationale ainsi que son fils Arsène Shalom Ntahobali, les ex-préfets Alphonse Nteziryayo et Sylvain Nsabimana, et deux ex-maires : celui de Ngoma, Joseph Kanyabashi, et de Muganza, Elie Ndayambaje.

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Désigné sous le pseudonyme "TK" pour protéger son identité, le onzième témoin du parquet est une rescapée tutsie originaire de Gikongoro (province voisine de Butare), qui avait cherché refuge à Butare, peu après l'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

Au cours du contre-interrogatoire, l'avocat canadien Guy Poupart, co-conseil de Pauline Nyiramasuhuko, a relevé que beaucoup de faits relatés devant la cour ne figurent pas dans quatre déclarations recueillies antérieurement auprès du témoin par des enquêteurs du parquet.

l'avocat a soutenu notamment que nulle part Mme TK n'avait indiqué avoir vu des cadavres aux barrages routiers.

Me Poupart a ajouté que le témoin n'avait jamais parlé D'un nommé Mbasha, qui aurait été enlevé et conduit vers une destination inconnue, après qu'il ait salué certains officiels gouvernementaux, dont les accusés Nyiramasuhuko et Nsabimana, en avril 1994 au chef-lieu de la province de Butare.

Dans l'une des déclarations, le témoin a affirmé qu'il n'avait vu Nyiramasuhuko qu'une seule fois à la mi-juin 1994, alors qu'au prétoire il a déclaré l'avoir vue plusieurs fois au bureau du préfet, entre fin mai-début juin 1994, en train D'enlever les refugiés Tutsis pour aller les faire massacrer.

"Si cette information ne figure pas dans mes déclarations écrites, je propose qu'elle soit consignée maintenant parce que J'en ai été témoin" a répondu à plusieurs reprises le témoin au sujet des contradictions relevées par l'avocat.

"Si cela ne figure pas dans mes déclarations, c'est parce qu'aucune question ne m'a été posée à ce sujet, et je suis ici pour compléter ce dont J'ai été témoin", a-t-il ajouté.

"Je pense que quand on a discuté de ce sujet, je ne savais pas que J'allais venir ici, que mes déclarations allaient se limiter aux enquêteurs du TPIR" a-t-il poursuivi.

Le procès du groupe Butare se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule,
et composée en outre des juges, malgache Arlette Ramaroson, et lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

BN/AT/GF/FH(BT-0522A)