16.05.2002 - TPIR/CYANGUGU - NTAGERURA N'A PAS MIS LES VEHICULES DE l'ETAT A LA DISPOSITION DES MILI

Arusha 16 mai 2002 (FH) - Un témoin de la défense a affirmé que l'ancien ministre des Transports et communication sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura, n'avait pas fait usage de véhicules officiels pour le transport des milices, au cours de sa déposition, jeudi, dans le procès du groupe Cyangugu (sud-ouest du Rwanda) en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le parquet du TPIR allègue que Ntagerura aurait réquisitionné des véhicules de l'Office National pour le Transport en Commun (ONATRACOM) pour le transport des milices et des minutions dans la préfecture de Cyangugu durant le génocide de 1994.

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"Je n'ai pas eu connaissance de cela", a protesté le vingtième témoin de la défense, une dame qui travaillait à l'ONATRACOM au moment des faits qui sont reprochés à l'accusé.

Dénommé "CHD" pour protéger son identité, le témoin a affirmé que "le ministre de tutelle n'avait pas de rôle à jouer dans la gestion quotidienne des sociétés mixtes ou para-étatiques", expliquant que cela était du ressort du conseil D'administration et de la direction générale des dites entreprises.

Mme CHD a cependant concédé que des véhicules de cette société pouvaient être utilisés à titre privé : "les gros bus étaient loués par l'ONATRACOM à qui venait les lui demander", a-t-elle dit, corroborant les propos qu'avaient tenus le témoin "K6H" en mars dernier.

Mme CDH a indiqué que ces bus étaient surtout loués par les partis politiques : le MRND, le MDR et le PSD, et qu'on pouvait bien reconnaître ces partis par leurs couleurs respectives.

Le témoin a aussi indiqué que Ntagerura ne pratiquait pas la discrimination parmi les Tutsis ou les personnes de l'opposition.

Des témoins du parquet ont rapporté que Ntagerura aurait, entre 1993 et 1994, ordonné que des fonctionnaires non membres de son parti, le MRND, soient licenciés. Des propos qu'un témoin de la défense dénommé "ZFH" a démenti au mois de mars.

Ntagerura est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu Emmanuel Bagambiki, et l'ancien commandant du camp militaire de Karambo à Cyangugu, le lieutenant Samuel Imanishimwe. Tous trois plaident non coupables aux accusations de génocide anti-tutsi et de massacres D'opposants au cours desquels un million de personnes ont trouvé la mort entre avril et juin 1994, selon un bilan officiel du gouvernement rwandais.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge George Williams de Saint-Kitts et Nevis, et comprenant par ailleurs les juges, russe Yakov Ostrovsky, et slovène Pavel Dolenc.

Le contre interrogatoire de Mme CHD s'est essentiellement déroulé à huis clos.

Les débats se sont poursuivis jeudi dans l'après-midi avec la déposition du vingt-et-unième témoin de la défense, désigné par les lettres "T3H", pour protéger son identité.

GA/AT/GF/FH (CY-0516A)