16.04.2002 - TPIR/NSENGIMANA - UN PRETRE CATHOLIQUE RWANDAIS A PLAIDE NON COUPABLE

Arusha 16 avril 2002 (FH) - Un prêtre rwandais accusé de génocide, Hormisdas Nsengimana, a plaidé non coupable lors de sa comparution initiale mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Hormisdas Nsengimana a été arrêté au Cameroun le 21 mars et transféré le 10 avril au centre de détention du TPIR.

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Au moment des faits qui lui sont reprochés, il était recteur du collège du Christ-Roi de Nyanza (province Butare, sud du Rwanda).

Teint sombre, grand et maigre, vêtu D'un costume noir, l'abbé Nsengimana, 48 ans, a comparu devant le juge slovène Pavel Dolenc de la troisième chambre de première instance du TPIR.

Hormisdas Nsengimana a répondu par la négative à l'ensemble des quatre chefs D'accusation de génocide, D'entente en vue de commettre le génocide et de crimes contre l'humanité (assassinat et extermination) retenus contre lui.

Le parquet allègue qu'il a joué un grand rôle dans des massacres de Tutsis perpétrés dans la région de Butare (sud du Rwanda). Le prélat aurait été l'un des dirigeants D'un groupe de tueurs appelé "Les dragons" ou "Escadron de la mort", selon le parquet. Ce groupe était constitué D'employés du collège Christ-Roi, et de miliciens Interahamwe dont l'identité n'est pas connue du procureur.

Le parquet affirme que l'accusé haïssait les Tutsis qui vivaient dans son établissement scolaire, y compris ses collègues prêtres. "Ces prêtres ont été tués pendant les événements de 1994", indique la poursuite.

l'accusé aurait notamment ordonné aux élèves et aux Interahamwe qui vivaient au collège de couper la broussaille entourant le collège, afin qu'aucun Inyenzi (terme péjoratif désignant les Tutsis) ne puisse s'y cacher.

l'accusé aurait en outre ordonné aux élèves D'ériger des barrages routiers autour du collège dans le but D'identifier les Tutsis à tuer. "De nombreux Tutsis ont été arrêtés devant ces barrages, puis mis à mort au cours des mois D'avril et de mai 1994", selon la poursuite. l'accusé avait sous son autorité des personnes assurant le contrôle D'au moins trois barrages, selon le parquet.

l'accusation indique que Hormisdas Nsengimana s'est entendu avec plusieurs responsables locaux, en vue de tuer des Tutsis ou de porter une atteinte grave à leur intégrité physique ou mentale, dans l'intention de les détruire en tant que groupe.

Au moment de sa comparution initiale, Hormisdas Nsengimana était représenté par un conseil de permanence, le Tanzanien D'origine indienne, Me Bharat Chadha.

GA/AT/GF/FH (NS-0416A)