26.03.2002 - TPIR/RUTAGANIRA - l'EX-RESPONSABLE LOCAL RUTAGANIRA A PLAIDE NON COUPABLE

Arusha 26 mars 2002 (FH) - l'ex-conseiller du secteur Mubuga en commune Gishyita (préfecture Kibuye, ouest du Rwanda), Vincent Rutaganira, a plaidé non coupable lors de sa comparution initiale mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Vincent Rutaganira, 62 ans, a répondu par la négative, en kinyarwanda, aux chefs D'accusation retenus contre lui : entente en vue de commettre le génocide, génocide, crimes contre l'humanité (assassinats, extermination et autres actes inhumains) et violations des Conventions de Gènève applicables en temps de guerre.

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l'ex-responsable local est particulièrement poursuivi pour les massacres de Tutsis qui s'étaient réfugiés à l'église de Mubuga, en avril 1994. "Je nie cela parce que je n'ai rien à voir avec des personnes qui se sont entendues pour commettre le génocide des Tutsis à Kibuye", a déclaré Rutaganira, ajoutant : "si quelqu'un a préparé ce plan, je n'étais pas avec lui".

Sa comparution initiale avait été programmée le 7 mars dernier, mais elle avait été ajournée, le Tribunal ayant constaté qu'il n'avait pas disposé de suffisamment de temps pour examiner son acte D'accusation. Mardi, Rutaganira a indiqué qu'il comprenait le contenu de son acte D'accusation "même si je ne l'ai pas bien lu, parce que J'étais malade".

Vincent Rutaganira était représenté par un avocat tanzanien de permanence, Me Francis Musey.

Vincent Rutaganira a été transféré à Arusha le 4 mars à partir de Kigoma (ouest de la Tanzanie), après s'être rendu volontairement à la juridiction internationale qui le recherchait depuis 1995.

Conseiller de Mubuga de 1984 à 1994, il s'était, par la suite, réfugié en République démocratique du Congo (ex-Zaïre) après la victoire du Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion à majorité tutsie). Il a deux femmes et douze enfants.

Vincent Rutaganira a comparu devant la juge sénégalaise, Andrésie Vaz, de la première chambre de première instance.

Depuis sa création en 1994, le TPIR a déjà arrêté soixante personnes sur les soixante quinze jusqu'ici accusés.

Le procureur envisage D'appréhender cent onze personnes D'ici fin 2003. Le porte-parole du TPIR, le Nigérian Kingsley Moghalu, a déclaré qu'en 2004 le parquet n'entreprendrait pas de nouvelles investigations. Le TPIR devrait théoriquement terminer son mandat en 2008.

AT/GF//FH (rt-0326a )