13.03.2002 - TPIR/MEDIAS - DES ACCUSES SIGNAIENT DES DOCUMENTS BANCAIRES DE LA RTLM, SELON LE PARQUE

Arusha 13 mars 2002 (FH) - Les accusés Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza signaient des documents bancaires de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), a fait valoir un enquêteur du parquet, mercredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine " en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Aaron Musonda, qui enquête pour le parquet du TPIR, a présenté plusieurs documents émanant des banques rwandaises, en rapport avec les finances de la RTLM, indiquant que la plupart D'entre eux portaient la signature de Nahimana et/ou de Barayagwiza.

1 min 31Temps de lecture approximatif

Le parquet allègue que Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza figuraient parmi les principaux responsables de la RTLM. Les accusés contestent cela.

Aaron Musonda a exhibé des borderaux de versements, des ordres de paiement, des formulaires de transfert de fonds et autres documents émanant essentiellement de la Banque continentale africaine au Rwanda (BACAR) et de la Banque commerciale du Rwanda (BCR) sur lesquels figurent les signatures des accusés.

La BACAR était dirigée, à l'époque des faits, par Pasteur Musabe, un frère de l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense nationale, le colonel Théoneste Bagosora, détenu à Arusha.

Evoquant un document contenant la liste des actionnaires de la RTLM, l'enquêteur du TPIR a relevé que l'ex-président Juvénal Habyarimana avait contribué à ce projet à concurrence D'un million de francs rwandais, l'ancien politicien Joseph Nzirorera, détenu à Arusha, à concurrence de cinq cent mille francs et Ferdinand Nahimana, à cinquante mille.

Le témoin a indiqué que le journal Kangura, dont Hassan Ngeze, coaccusé avec Nahimana et Barayagwiza, était directeur et rédacteur en chef, avait également acheté une action à la RTLM, pour un montant de cinq mille francs rwandais.

Le parquet entend prouver que les coaccusés ont participé à une même entreprise criminelle : le génocide anti-tutsi.Barayagwiza, qui boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2001, demande à rencontrer la presse, pour pouvoir "défendre ses droits légitimes".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition D'Aoron Musonda se poursuivra jeudi.

AT/GF/FH (me-0313b )