07.02.2002 - TPIR/KAMUHANDA - KAMUHANDA ACCUSE D'AVOIR ENCOURAGE DES MASSACRES

Arusha 7 février 2002(FH) - L 'ex-ministre de l'enseignement supérieur, de la culture et de la recherche scientifique, Jean de Dieu Kamuhanda, aurait encouragé des massacres de Tutsis à la paroisse protestante de Gikomero (province Kigali rurale, centre-est du Rwanda), a affirmé le dix-huitième témoin de l'accusation, ,jeudi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné sous le pseudonyme "GEP" pour protéger son anonymat, le témoin est une rescapée tutsie, qui avait cherché refuge à ladite paroisse, et qui affirme y avoir vu "quelqu'un que les autres réfugiés ont désigné comme Kamuhanda".

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Mme GEP ne connaissait pas personnellement l'accusé. "Quand il est descendu du véhicule, l'un de ses passagers qui étaient des [miliciens] Interahamwe, a tiré sur un homme" a déclaré le témoin. "Kamuhanda n'a rien fait, ni n'a demandé à son passager pourquoi il venait de tuer cet homme", a poursuivi Mme GEP qui répondait aux questions du représentant du parquet, le Nigérian Ibokunolu Babajide.

"Par contre il s'est retourné, et leur [les miliciens] a demandé : "Mais, comment ?", comme pour leur dire pourquoi ils n'emboîtaient pas le pas à leur compagnon qui venait D'abattre l'homme. Il leur a dit : "pourquoi ne vous mettez-vous pas à l'œuvre ?", les incitant ainsi à tuer, parce que il était leur chef", a poursuivi madame GEP.

Mme GEP a par ailleurs indiqué qu'un autre assaillant, dont l'identité n'a été révélée qu'au cours D'une session à huis clos, arrivé à bord D'un deuxième véhicule, avait donné l'ordre de suspendre momentanément les tueries pour trier des jeunes filles parmi les réfugiés. "Les jeunes filles, environ une vingtaine, ont été embarquées sur un véhicule qui est aussitôt parti vers une destination inconnue", a indiqué le témoin. Mme GEP n'a rien dit sur le sort des ces jeunes filles.

Au cours du contre-interrogatoire, l'avocate guinéenne, Me Aicha Condé, a relevé des incohérences entre les déclarations antérieures du témoin aux enquêteurs du parquet, et sa déposition devant la chambre.

Le témoignage de Mme GEP a suivi celui de Mr GEV , un rescapé des massacres de Gikomero, qui a également allégué la présence de l'accusé sur les lieux des tueries le 12 avril 1994.

Le procès se poursuivra lundi prochain. Il se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, et composée par ailleurs les juges, malgache Arlette Ramaroson, et lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

BN/AT/GF/FH(KH-0207A)