30.11.2001 - TPIR/MEDIAS - LA DEFENSE MET EN DOUTE LA MEMOIRE D'UN TEMOIN

Arusha, le 30 novembre 2001 (FH) - La défense a mis en doute la mémoire D'un témoin de l'accusation, vendredi, dans le procès des anciens responsables "des médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal pour le Rwanda (TPIR).

l'avocat français, Me Jean-Marie Biju Duval, a contesté la déposition de la journaliste belge Colette Braeckmann, arguant qu'elle gardait un souvenir flou des événements qu'elle rapportait.

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Colette Braeckmann avait affirmé que l'accusé Ferdinand Nahimana a été présenté comme directeur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), au cours D'une conférence publique tenue à Kigali au mois de mars 1994,, à laquelle elle avait été invitée.

Acculée par Me Me Biju Duval, la journaliste a rectifié :"Je ne suis pas sûre à 100 % qu'il se soit identifié comme le directeur de la RTLM. Mais tout le monde savait qui il était. Soit que le modérateur l'avait dit ou quelqu'un D'autre [...], tout le monde savait qu'il parlait ès qualités".

Me Biju-Duval a suggéré que son client, Ferdinand Nahimana, aurait pu être présenté comme ancien directeur de l'Office rwandais D'information, professeur D'université, ministre désigné au gouvernement intérimaire ou simplement comme fondateur de la RTLM.

Colette Braeckmann a répondu "Je me refuse à vous donner une réponse formelle. Je crois plus conforme à la vérité de vous dire que je ne le pense pas". La défense conteste que Ferdinand Nahimana ait été directeur de la RTLM.

La journaliste belge a ajouté que Ferdinand Nahimana "ne s'est pas exprimé comme un intervenant anonyme qui surgit au milieu de la salle".

Me Biju-Duval a par ailleurs contesté les propos attribués par le témoin à son client, affirmant qu'ils avaient été en réalité tenus par une autre personne.

"Vos souvenirs sont flous. En réalité, vous ne gardez aucun souvenir de ce qu'il a dit", a suggéré l'avocat français, soulignant "qu'il n'y a pas deux vérités".

Colette Braeckmann a rétorqué :"Il y a une vérité. C'est que, quand il a pris la parole, tout le monde savait. Aucun doute ne persistait ni dans le panel ni dans l'assistance [..]. Le titre en tant que tel est une chose. Mais le fait qu'il était considéré comme le fondateur, le responsable de RTLM, était évident"

La journaliste a également concédé :"Je ne veux pas dire qu'il s'exprimait au nom de la RTLM", qui était, a-t-elle dit, représentée à cette conférence par son rédacteur en chef, Gaspard Gahigi.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, et l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Le témoignage de Colette Braeckmann se poursuit lundi prochain.

AT/PHD/FH (ME_1130A)