22.11.2001 - TPIR/MEDIAS - LA DEFENSE RECLAME DES ENREGISTREMENTS DE LA RADIO DU FPR

Arusha, le 22 novembre 2001 (FH) - La défense a réclamé des enregistrements de la radio du Front patriotique rwandais (FPR), Radio Muhabura, jeudi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les avocats ont affirmé avoir été "surpris" D'apprendre que le procureur disposait de quelques deux cents cassettes contenant des émissions de la radio de l'ex-mouvement rebelle actuellement au pouvoir au Rwanda, alors que dans le passé, ils avaient été informés que lesdits documents n'existaient pas, ont-ils déclaré.

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Le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, a révélé que lesdites cassettes émanent des services rwandais de renseignements et que le parquet était en train de les répertorier, de les transcrire, de les traduire et le cas échéant de les graver sur CD-rom, en vue D'une meilleure utilisation par la défense.

"Le processus est très long", a déclaré Stephen Rapp, ajoutant que le parquet a sollicité un financement extérieur pour faire traduire quelques dizaines de cassettes.

Stephen Rapp a cependant indiqué que la communication de ces cassettes à la défense pourrait se heurter à une disposition du règlement du TPIR qui stipule que "si le procureur possède des informations qui lui ont été communiquées à titre confidentiel et dans la mesure où ces informations n'ont été utilisées que dans le seul but de recueillir des éléments de preuve nouveaux, le procureur ne peut divulguer ces informations initiales et leur source qu'avec le consentement de la personne ou de l'entité les ayant fournies. Ces informations et leur source ne seront en aucun cas utilisées comme moyens de preuve avant D'avoir été communiquées à l'accusé".

Le procès des anciens responsables des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont accusés notamment D'avoir incité au génocide anti-tutsi et aux massacres D'opposants qui ont fait plus de cinq cent mille morts au Rwanda en 1994. Ils plaident non coupables. Certaines personnes affirment que la RTLM et le journal Kangura étaient des réponses à la propagande diffusée par Radio Muhabura.

Le procès reprend lundi prochain avec la poursuite de la déposition D'un condamné, cité comme témoin à charge.

AT/PHD/FH (ME_1122B)