19.11.2001 - TPIR/MEDIAS - UN CONDAMNE SE DEFEND D'AVOIR FABRIQUE UN TEMOIGNAGE

Arusha, le19 novembre 2001 (FH) - Un condamné a affirmé avoir collaboré avec un accusé dans l'execution de crimes, malgré qu'il ne l'avais pas mis en cause lors de ses déclarations antérieures au parquet, a-t-on constaté lundi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Condamné à quinze ans D'emprisonnement par le TPIR après avoir plaidé coupable, l'ancien chef milicien Omar Serushago témoigne contre l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, coacusé avec deux autres personnes dans le cadre du procès des "médias de la haine".

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l'avocat américain de Hassan Ngeze, Me John Floyd, a notamment relevé qu'Omar Serushago n'avait pas mentionné le nom de son client dans une déclaration faite aux enquêteurs en 1998 et dans un accord aux fins D'un aveu de culpabilité conclu en 1999, tentant ainsi de discréditer son témoignage.

Omar Serushago a répondu qu'il ne pouvait énumérer toutes les personnes avec lesquelles il avait collaboré pendant le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants, déclarant que Hassan Ngeze était néanmoins l'une D'entre elles.

Omar Serushago a été jugé responsable D'une trentaine de meurtres commis par lui-même ou par ses subordonnés entre avril et juin 1994.

Le condamné a indiqué qu'il s'était auparavant limité à la responsabilité des miliciens Interahamwe et les membres du parti anti-tutsi la Coalition pour la défense de la Répulique (CDR), avec lesquels l'accusé commettait des crimes, selon lui.

Omar Serushago a affirmé que Hassan Ngeze était un des responsables de la CDR dans la ville de Gisenyi (ouest du Rwanda) et qu'il a collaboré avec les Interahamwe qui ont massacré les Tutsis en 1994.

Me Floyd a déclaré à plusieurs reprises qu'Omar Serushago ne répondait pas clairement à ses questions mais essayait plûtot de "faire valoir sa cause."

Omar Serushago a été recruté comme informateur par le bureau du procureur du TPIR avant D'être lui-même arrêté.

Omar Serushago a contribué à l'arrestation de plusieurs Rwandais qui résidaient au Kenya en 1997, dont Hassan Ngeze, ainsi qu'en Afrique de l'ouest.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines, (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte le procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

Omar Serushago est le trente-deuxième témoin du parquet dans ce procès. Me Floyd a plaidé que le condamné "fabriquait" sa déposition.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/DO/FH (ME_1119A )