15.11.2001 - TPIR/MEDIAS - BARAYAGWIZA ACCUSE D'AVOIR APPARTENU A UN ESCADRON DE LA MORT

Arusha, le 15 novembre 2001 (FH) - l'ancien conseiller au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, aurait appartenu à un "escadron de la mort" destiné à tuer les Tutsis, a affirmé un condamné, jeudi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Condamné à quinze ans de prison par le TPIR après avoir plaidé coupable de génocide et de crimes contre l'humanité, l'ancien chef milicien en préfecture de Gisenyi (ouest du Rwanda), Omar Serushago, est le trente deuxième témoin du parquet dans le procès des anciens responsables "des médias de la haine"en cours.

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Omar Serushago a déclaré avoir participé à deux réunions de l'escadron de la mort à Kigali, auxquelles assistait également Barayagwiza.

Omar Serushago a affirmé que Barayagwiza finançait des groupes de jeunes gens recrutés pour tuer. "Au niveau national, on savait que ces jeunes étaient des gens qui tuaient des Tutsis", a-t-il dit.

Omar Serushago a déclaré qu'au début de l'année 1994, Jean-Bosco Barayagwiza aurait rédigé un fax enjoignant aux miliciens du parti anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR), les Impuzamugambi, et à ceux de l'ex-parti présidentiel, les Interahamwe, en préfecture de Gisenyi, de tuer les Tutsis.

Cet ordre aurait été transmis dans les jours qui ont suivi la mort du président de la CDR, Martin Bucyana, assassiné en février 1994 à Butare (sud du Rwanda). Jean-Bosco Barayagwiza aurait été nommé président de la CDR après le décès de Bucyana, selon Omar Serushago.

Le condamné a rapporté que le fax en question mentionnait que les Inyenzi [Tutsis] venaient de tuer Bucyana et appelait les Hutus à être vigilants, à surveiller les Tutsis où ils se trouvent, et "même s'ils se cachent dans les églises, il faut les tuer".
Omar Serushago a affirmé que "la réaction a été immédiate", signifiant par là que les Tutsis ont été tout de suite tués ou persécutés.

Jean-Bosco Barayagwiza est coaccusé avec l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Le témoin a affirmé que les membres de l'escadron de la mort collectaient de l'argent destiné à financer les émissions de la RTLM.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte le procès des médias depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

Omar Serushago a par ailleurs soutenu que Hassan Ngeze a rédigé des listes de Tutsis à éliminer, qu'il a, par la suite, publiées dans Kangura. Le témoignage D'Omar Serushago est fortement contestée par la défense. Omar Serushago se présente quant à lui comme un témoin privilégié, qui avit accès à des informations de première main. "Mon père avait des relations D'amitié avec le beau-père de [l'ancien président Juvénal] Habyarimana connu sous le nom de Magera Gervais", a-t-il dit.
AT/DO/FH (ME_1115C )