07.11.2001 - TPIR/BUTARE - UN TEMOIN DEPOSE DEPUIS DEJA DEUX SEMAINES

Arusha, le07 novembre 2001(FH) - Le troisième témoin du parquet dans le procès de six personnes accusées des crimes commis en préfecture de Butare (sud du Rwanda) poursuivait mercredi sa déposition commencée le 24 octobre dernier devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Sont concernés par ce procès, l'ex-ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, première femme à être inculpée par une juridiction internationale, ainsi que son fils Arsène Shalom Ntahobali, les ex-préfets de Butare Alphonse Nteziryayo et Sylvain Nsabimana, et deux ex-maires : celui de Ngoma, Joseph Kanyabashi, et de Muganza, Elie Ndayambaje.

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Désigné sous le pseudonyme "TA" pour protéger son anonymat, le témoin, une rescapée tutsie, était contre-interrogé mercredi matin, par l'équipe de défense de l'ex-préfet Sylvain Nsabimana, la quatrième à intervenir après l'interrogatoire principal.

Ont déjà contre-interrogé Mme TA, les avocats D'Arsène Ntahobali, ceux de Pauline Nyiramasuhuko, ainsi que ceux D'Alphonse Nteziryayo. On ne savait pas encore mercredi matin si les deux équipes de la défense restantes allaient également contre-interroger le témoin.

Mme TA a principalement déposé contre Arsène Shalom Ntahobali, qu'elle a accusé de l'avoir violée. Au passage, elle a également cité Pauline Nyiramasuhuko et Alphonse Nteziryayo. Le témoin a affirmé que Nyiramashuko se trouvait souvent au bureau préfectoral de Butare, en compagnie des miliciens qui s'en prenaient aux Tutsis y ayant cherché refuge, tandis que Nteziryayo n'aurait rien fait pour protéger les personnes persécutées.

Le témoin maintient ses affirmations lors des différents contre-interrogatoires qu'elle a subi jusqu'ici et attribue aux enquêteurs du parquet, ou à leurs interprètes , les quelques écarts entre ses déclarations antérieures et sa déposition à la barre.

l'une des raisons qui ont justifié un procès collectif était l'économie des ressources et la rapidité des procédures. Mais les observateurs notent que cet objectif peut être compromis si l'on s'en tient au temps que prend un témoin pour sa déposition.

Le parquet entend appeler à la barre cent trois témoins. Le premier témoin, un enquêteur du TPIR du nom de Gandhi Shukri, avait déposé pendant deux semaines.

Le prochain témoin "QJ" devrait déposer contre cinq accusés sur les six concernés par le procès , et devrait logiquement prendre plus de temps que ceux qui l'auront précédé.

Le procès Butare se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, et composée en outre des juges malgache Arlette Ramaroson et lesothan Winston Churchill Matanzima Maqutu.

BN/AT/PHD/FH(BT_1107A)