22.10.2001 - TPIR/CHAMBRES - TROIS PROCES REPRENNENT APRES UN BREVE PAUSE

Arusha, le 22 octobre 2001 (FH) - Trois procès pour génocide se sont poursuivis lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), après une brève pause au bénéfice de laquelle les juges ont participé à un séminaire en Irlande.

Les procès en question sont celui du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé avec son fils Gérard Ntakirutimana qui était médecin à Mugonero (préfecture de Kibuye, ouest du Rwanda), celui de l'ex-maire de Bicumbi (préfecture de Kigali rural, centre-est), Laurent Semanza, ainsi que celui de six personnes accusées de crimes commis en préfecture de Butare (sud).

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Dans le procès contre les Ntakirutimana, qui avait repris dès jeudi dernier, le Tribunal vient D'entendre treize témoins du parquet. Le treizième témoin, désigné par les lettres "II" pour protéger son anonymat, a évoqué des viols commis sur des femmes tutsies dans la région de Bisesero, voisine de Mugonero. Le témoin a été incapable D'identifier le pasteur Ntakirutimana contre qui il a déposé. Il a expliqué qu'il y avait longtemps qu'il n'avait pas rencontré l'homme D'église.

Le procès du groupe Butare avait été pour sa part suspendu le 27 juin après l'audition du premier témoin du parquet. Lundi, le parquet a fait comparaître son deuxième témoin. Désigné par les lettres "QAM" pour protéger son anonymat, le témoin a déposé contre l'ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi.

Le procès du groupe Butare concerne outre Joseph Kanyabashi, l'ancienne ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, son fils Arsène Shalom Ntahobali, les ex-préfets Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo, ainsi que l'ex-maire de Muganza, Elie Ndayambaje.

QAM a affirmé que Joseph Kanyabashi a ordonné des massacres de Tutsis dans la localité de Ngoma où résidait le témoin.

Avant la déposition de QAM, l'avocat kenyan de Ntahobali, Me Duncan Mwanyumba, avait demandé l'ajournement du procès pour une période D'un mois mais sa requête a été rejetée.

Nommé au mois de juillet dernier en remplacement des défenseurs récusés par le client, Me Mwanyumba affirmait qu'il n'a pas disposé D'assez de temps pour se préparer.

Me Mwanyumba a ajouté qu'il n'avait pas D'enquêteur depuis que le greffier a résilié le contrat du Rwandais Thaddée Kwitonda, pour le motif que le parquet menait des investigations sur son rôle pendant le génocide.

La Cour a estimé que trois mois auraient pu suffire à Me Mwanyumba pour se préparer.

S'agissant du procès contre l'ex-maire Semanza, le Tribunal a entendu la déposition du septième témoin de la défense, désigné par les lettres "DCN" pour protéger son anonymat.

Laurent Semanza, 57 ans, répond de quatorze chefs D'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité, portant sur des massacres de Tutsis dans les communes de Bicumbi et Gikoro. Les accusés plaident non coupables.

JC/AT/PHD/FH (TP_1022A)