28.09.2001 - TPIR/CYANGUGU - LE PARQUET SUR LE POINT DE CLOTURER SA PREUVE

Arusha, le 28 septembre, 2001 (FH) - Le parquet est sur le point de clôturer la présentation de ses éléments de preuve dans le procès de trois anciens notables accusés de génocide en préfecture de Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), en cours devant le Tribunal pénal international du Rwanda (TPIR).

l'accusation devrait citer ses deux derniers témoins à la reprise des débats le 19 novembre.

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Le procès a été suspendu mercredi dernier pour faire place à une autre affaire jugée devant la même chambre.

A la suspension des débats, le parquet venait de citer quarante et un témoins. Les témoins restants sont tous les deux des experts. Il s'agit du professeur Lubambo et de François-Xavier Nsanzuwera, ancien procureur de Kigali, résidant aujourD'hui en Belgique.

Ouvert sur le fond le 18 septembre 2000, le procès du groupe Cyangugu concerne l'ancien préfet Emmanuel Bagambiki, l'ancien commandant de la garnison militaire de la place, le lieutenant Samuel Imanishimwe, ainsi que l'ex-ministre des transports et communications sous le gouvernement intérimaire, originaire de cette région, André Ntagerura.

l'accusation affirme que plus de cent mille Tutsis ont été massacrés dans la préfecture de Cyangugu en l'espace de vingt trois jours. Les coaccusés se seraient entendus pour commettre le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants.

Des témoins à charge ont notamment rapporté que l'ancien préfet Bagambiki aurait rassemblé des Tutsis dans un stade puis en aurait sélectionné certains, à base de listes préétablies, avant leur mise à mort.

l'ancien ministre Ntagerura et l'ex-commandant Imanishimwe ont été pour leur part accusés, entre autres, de distribution D'armes aux milices civiles qui ont perpétré le génocide.

Un témoin a en particulier allégué que Samuel Imanishimwe aurait pratiqué et encouragé le cannibalisme. Les coaccusés plaident non coupables.

Les avocats ont tenté de décrédibiliser les témoins du parquet en relevant des incohérences dans leurs déclarations, particulièrement en ce qui concerne les lieux et les dates des événements rapportés.

Le parquet a eu souvent recours à des personnes détenues au Rwanda et qui ont avoué avoir pris part aux massacres, pour appuyer ses thèses.

André Ntagerura est représenté par l'avocat canadien Me Henry Benoît, qui était auparavant co-conseil dans cette affaire. l'ancien ministre s'est séparé de l'avocat principal, l'Ivoirien Me Fakhy Konaté.

Samuel Imanishimwe est défendu par l'avocate camerounaise, Me Marie Louise Mbida, assisté D'un confrère en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), Me Jean-Pierre Fofé. Celui-ci a remplacé tout récemment le Camerounais Me Georges So'o, décédé.

Emmanuel Bagambiki est pour sa part représenté par l'avocat belge Me Vincent Lurquin. Il a récusé le co-conseil canadien Me Luc Boutin. Emmanuel Bagambiki a été à quelques reprises autorisé à contre-interroger des témoins à la suite de Me Boutin. Me Lurquin était alors absent et le client avait déjà déclaré qu'il n'avait plus confiance en son co-conseil.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge George Llyod Williams de Saint Kitts et Nevis, et comprenant en outre les juges, russe Yakov Ostrovsky et slovène Pavel Dolenc.

GA/AT/PHD/FH (CY_0928a)