13.09.2001 - TPIR/CYANGUGU - l'EX-ARMEE RWANDAISE N'ETAIT PAS APOLITIQUE, SELON UN TEMOIN

Arusha, le13 septembre, 2001 (FH) - Un témoin du parquet entendu jeudi dans le procès du groupe Cyangugu (sud-ouest du Rwanda) a affirmé que les membres de l'ex-armée rwandaise n'étaient pas apolitiques.

Désigné sous le pseudonyme "LAP" pour protéger son anonymat, le trente-neuvième témoin du parquet est un Hutu, membre des ex-Forces armées rwandaises (FAR), détenu au Rwanda pour génocide.

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En 1994, il avait le grade de caporal.

Le procès Cyangugu en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) concerne l'ancien ministre des transports sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura, l'ex-préfet Emmanuel Bagambiki, ainsi que l'ancien commandant de la garnison militaire de la place, le lieutenant Samuel Imanishimwe. Selon le témoin, les membres des ex-FAR assistaient à des meetings politiques en prélude au génocide de 1994.

LAP a déclaré que Samuel Imanishimwe a participé à un meeting de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain pour la démocratie et le développement (MRND), en octobre 1992. Le témoin a indiqué en outre que les coaccusés étaient tous présents à ce meeting au cours des massacres de Tutsis auraient été évoqués.

"En réalité, ils [les militaires]n'étaient pas supposés s'ingérer dans la politique, mais ils le faisaient ", a dit le témoin. LAP a ajouté que "après la mort du président Habyarimana (le 6 avril 1994), les militaires ont fait la politique, ils ont tué des gens". "Même les Interahamwe qui étaient une milice du MRND s'entraînaient dans des camps militaires", a -t-il renchéri.

Le conseil D'André Ntagerura, le Canadien Me Henry Benoît, s'est plaint du fait que le témoin faisait allusion aux événements de 1992 qui ne rentrent pas dans le domaine de compétence du Tribunal. Le TPIR est compétent pour les violations du droit international humanitaire commises au Rwanda en 1994.

La chambre a estimé que pendant sa déposition, le témoin peut ajouter des éléments nouveaux, pour autant qu'il ne s'écarte pas beaucoup de ses déclarations antérieures recueillies par les enquêteurs du Tribunal.

La représentante tanzanienne du parquet, Holo Makwaia, avait expliqué que le témoin se réfère à des faits relatifs à la préparation du génocide, qui sont pertinents dans cette affaire.

Le procès se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge George Williams de Saint Kitts et Nevis et comprenant en outre les juges russe Yakov Ostrovsky, et slovène Pavel Dolenc.

GA/AT/PHD/FH (CY_0913A)