12.09.2001 - TPIR/KAMUHANDA - LA DEFENSE CONTESTE LE MODE D'IDENTIFICATION DE l'ACCUSE

Arusha 12 septembre 2001(FH)- La défense de l'ex-ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la culture sous le gouvernement intérimaire, Jean de Dieu Kamuhanda, a contesté mercredi la manière utilisée par le procureur pour faire identifier l'accusé par ses témoins devant le Tribunal international pour le Rwanda(TPIR).

Au cours D'une audience consacrée à l'audition du sixième témoin de l'accusation, l'avocate guinéenne de Kamuhanda, Me Aicha Condé, a émis des protestations après que le témoin eut parlé de l'habillement et de l'endroit où était assis l'accusé, suite à une suggestion du procureur de regarder dans la salle D'audience afin D'identifier l'accusé.

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"Etant précisé que la défense est composée uniquement de femmes, et que Kamuhanda est le seul homme du côté de la défense, rien n'est aussi facile pour le témoin que de désigner l'accusé. La défense conteste donc ce type D'identification" a plaidé Me Condé.

Me Aicha Condé, l'avocate guinnéenne, est secondée par une consoeur britannique, Me Grace Amakye, dans la défense de Kamuhanda. Elles sont assistées par deux autres jeunes juristes, toutes femmes. A part un policier en uniforme bleu de l'ONU, la seule personne de sexe masculin qui était assise du côté de la défense était l'accusé.

Dans sa déclaration liminaire, le représentant du parquet avait indiqué qu'il "va appeler à la barre des témoins qui identifieront l'accusé". Me Condé avait estimé que cet exercice était inutile "étant donné qu'il n'y aura que des femmes du côté de la défense". Le juge tanzanien William Sekule, qui préside les débats, a déclaré que "la chambre a pris note de la situation".

Présenté sous le pseudonyme "GEB" pour protéger son anonymat, le sixième témoin de l'accusation, un Tutsi , a déclaré avoir vu l'accusé le 12 avril 1994,à bord D'une camionnette avec "dans sa caisse arrière des Interahamwe, dont cinq environ avaient des fusils de type kalachnikov"

"Le véhicule qui nous a dépassé se rendait à Gikomero, et peu après nous avons entendu des tirs à la paroisse protestante" a affirmé le témoin.

Le témoin a indiqué en outre que des rescapés de la paroisse, en fuite, lui ont déclaré "qu'ils avaient vu Kamuhanda avec des Interahamwe venus de Kigali, et qu'ils avaient massacrés des gens à la paroisse".

Me Condé a soutenu que "un Tutsi en fuite ne pouvait reconnaître Kamuhanda dans un véhicule en mouvement et qui de surcroît venait de derrière".

Me Condé a par ailleurs plaidé que le témoin ne pouvait reconnaître l'accusé, parce qu'il ne lui était pas familier.

La défense en outre relevé plusieurs contradictions entre la déposition du témoin et sa déclaration écrite recueillie par les enquêteurs du parquet. Le témoin a rejeté la responsabilité de ces contradictions sur les enquêteurs.

Le procès devrait se poursuivre jeudi matin avec la déposition D'un nouveau témoin du parquet..

BN/AT/PHD/FH(KH_0912A)