27.08.2001 - TPIR/MEDIAS - LA DEFENSE DE NAHIMANA REFUTE UNE NOUVELLE FOIS LES THESES D'UN TEMOIN

Arusha 27 août 2001 (FH) - La défense de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille Collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a réfuté une nouvelle fois les thèses D'un témoin du parquet, lundi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

l'avocat français de Ferdinand Nahimana, un des coaccusés dans ce procès, Me Jean-Marie Biju-Duval, s'exprimait peu avant la clôture de la déposition du vingt-septième de l'accusation qui avait affirmé que les écrits de son client exhalaient un relent D'exclusivisme.

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Me Biju-Duval a contesté les thèses développées par le témoin, en le confrontant à des passages tirés des livres de Ferdinand Nahimana et à l'appréciation de ses travaux de recherche par un jury approprié.

l'avocat français a notamment évoqué l'ouvrage "Rwanda. Emergence D'un Etat" dans lequel Ferdinand Nahimana conclut à "l'existence D'une unité cultuelle, culturelle de tous les Rwandais quelle que soit l'histoire politique du pays".

Désigné par les lettres "BU" pour protéger son anonymat, le témoin, un Tutsi de 65 ans, diplômé en psychologie et en philosophie, s'est vu reprocher par Me Biju-Duval, de "réécrire ex-cathedra l'histoire du Rwanda" sans être historien.

Me Biju-Duval s'est placé à plusieurs longueurs D'avance du parquet, quand il a fait référence à des commentaires émis par un témoin expert potentiel de l'accusation, le professeur français Jean-Pierre Chrétien, lors de la soutenance de la thèse de doctorat de Ferdinand Nahimana, à Paris en 1986.

Jean-Pierre Chrétien, qui était membre du jury, avait parlé de "démythification de l'histoire dans son ensemble qui est opérée" par le travail de recherche de Ferdinand Nahimana. Jean-Pierre Chrétien a estimé que la thèse de Ferdinand Nahimana était "un apport original et de grande qualité à la connaissance de l'histoire du Rwanda".

En 1995, Jean-Pierre Chrétien a édité le livre "Rwanda. Les médias du génocide" dans lequel le rôle de la RTLM est passé au peigne fin.

Outre Ferdinand Nahimana, le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Lundi après-midi, le Tribunal a rejeté une requête de l'avocat italien de Jean-Bosco Barayagwiza, Me Giacomo Barletta Caldarera, qui réclamait la libération immédiate de son client.

La défense de Ferdinand Nahimana et de celle de Hassan Ngeze s'étaient associées à cette requête. Me Biju-Duval a argué de la "durée excessive D'une détention qui a un caractère provisoire".

Le Tribunal a conseillé à Me Caldarera, qui avait initié la requête, de la soumettre au greffe, avec une documentation exhaustive, afin qu'à son tour il la défende au cours de la prochaine session plénière des juges du TPIR. Les juges ont reconnu que le règlement était muet en matière de libération provisoire des détenus dont les procès sont en cours. Lors des sessions plénières, les juges définissent les règles de procédure et de preuve du TPIR.

Le procès des médias se poursuit mardi matin avec la déposition D'un nouveau témoin du parquet.

AT/PHD/FH (ME_0827A )