10.07.2001 - TPIR/KAJELIJELI - LA DEFENSE EXIGE LE CURRICULUM VITAE D'UN TEMOIN A CHARGE

Arusha, le 10 juillet, 2001 (FH) - La défense de l'ancien maire de Mukingo (préfecture de Ruhengeri, nord du Rwanda), Juvénal Kajelijeli, a exigé le curriculum vitae D'un témoin de l'accusation lors de sa déposition mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

l'avocat américain de Juvénal Kajelijeli, Me Lennox Hinds, a soutenu que lors de sa déclaration aux enquêteurs du TPIR, le témoin aurait évoqué des liens de parenté avec Kajelijeli.

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"Nous réfutons cela", a plaidé Me Hinds, avant D'ajouter: "Je demande qu'on examine ses déclarations de près, car pour nous, nous estimons qu'il s'agit de déclarations mensongères". Le témoin aurait affirmé dans sa déclaration que la première épouse de Kajelijeli était marraine de la fille de sa tante.

La chambre a décidé que la requête de Me Hinds devra faire l'objet de questions à poser lors du contre-interrogatoire. l'avocat américain a demandé que l'audition se fasse à huis clos, arguant que ses questions pouvaient révéler l'identité du témoin.

Dénommé "GDF" pour protéger son anonymat, le troisième témoin de l'accusation est une femme tutsie rescapée du génocide de 1994. Lors de sa déposition devant le TPIR, elle affirmé avoir été violée par quatre Interahamwe en commune de Kinigi, secteur Suza, et que les bourreaux étaient arrivés à bord D'un véhicule conduit par Kajelijeli, quatre jours après l'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

Fait rare, l'interrogatoire s'est déroulé en public. GDF, qui s'exprimait dans sa langue maternelle, le kinyarwanda, a relaté comment les Interahamwe l'ont prise, dans un champ de maïs où elle se cachait avec sa sœur, ont écarté ses jambes, et que l'un D'eux "a introduit son sexe dans le mien". Selon GDF, un autre Interahamwe aurait déclaré vouloir "goûter la saveur du vagin D'une femme tutsie", alors qu'un autre aurait pris un mégot et l'aurait jeté "dedans", et puis "il y a foulé son pied" après avoir déclaré qu'il ne peut pas faire l'amour avec une femme tutsie.

Interrogée pour savoir ce qu'elle a ressenti après cette expérience douloureuse, GDF a répondu: "Je ressens un profond chagrin, J'en suis triste, J'en ai honte". Elle a affirmé que c'est Kajelijeli qui est responsable de ce triste événement, "car c'est lui que J'ai reconnu quand il est arrivé avec des Interahamwe à bord de son véhicule".

Le parquet du TPIR accuse Kajelijeli de génocide, ou subsidiairement de complicité dans le génocide, D'entente en vue de commettre le génocide, D'incitation publique et directe à commettre le génocide, de crimes contre l'humanité, et de violations de l'article 3 commun aux conventions de Genève et du protocole additionnel II.

Les crimes qui lui sont reprochés ont été commis dans la commune de Mukingo et dans la région avoisinante, située dans la préfecture de Ruhengeri. Juvénal Kajelijeli a exercé la fonction de bourgmestre de la commune Mukingo de 1988 à 1993. Le parquet allègue qu'il est demeuré très influent pendant le génocide de 1994.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance composée des juges tanzanien William Hussein Sekule (Président), malgache Arlette Ramaroson, et lesothan Winston Churchill Maqutu.)