15.03.2001 - TPIR/SEMANZA - l'ACCUSE A POIGNARDE UNE FILLETTE, SELON UN TEMOIN DU PARQUET

Arusha, le 15 mars, 2001 (FH) - l'ancien maire de Bicumbi (préfecture Kigali rurale, centre-est du Rwanda) accusé de génocide, Laurent Semanza, a tailladé le cou D'une jeune fille, avant de l'achever en enfonçant un couteau dans sa poitrine, a affirmé un témoin du parquet devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le quinzième témoin de l'accusation, dénommé "VAQ" pour protéger son identité, a indiqué que ce crime a eu lieu le 7 avril 1994 près du centre de santé de Muyumbu en commune Bicumbi.

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l'accusé était accompagné du conseiller du secteur de Muyumbu, François Fungameza, et D'un grand groupe D'Interahamwe (milice hutue), selon le témoin.

VAQ a indiqué que des cadavres de femmes nues, décapitées, avaient été utilisés pour barrer la route menant à un centre de santé local. Le témoin a en outre rapporté qu'une fosse commune à proximité de cet endroit avait été remplie de cadavres D'enfants.

Selon VAQ, à part la jeune fille âgée de dix-huit ans, D'autres femmes étaient amenées au barrage routier, où une personne masquée les immobilisaient en les tenant par la bouche et coupait leurs gorges. D'autres assaillants tiraient sur les hommes, a ajouté le témoin.

VAQ a expliqué qu'il a fui après avoir constaté ce qui se passait, et qu'il avait échappé de justesse à deux coups de feu tirés par François Fungameza.

Le témoin a ajouté qu'il a été arrêté plus tard par un Interahamwe et un policier communal qui l'ont battu jusqu'à perdre connaissance. Le témoin a indiqué à la Cour qu'en retrouvant connaissance, il était tout près du domicile de Laurent Semanza.

VAQ a été par la suite enfermé dans une pièce contenant quatre cadavres de femmes décapitées, où Laurent Semanza lui aurait ordonné de "s'asseoir sur les femmes". "Je me suis assis sur elles et mes pieds étaient posés dans leur sang," a déclaré le témoin, qui s'exprimait dans sa langue maternelle, le kinyarwanda.

Le témoin a ajouté que Laurent Semanza l'a piétiné et a exigé qu'il reconnaisse qu'il était un "Inyenzi" [cancrelat, terme péjoratif faisant référence aux Tutsis]. l'accusé "a ordonné à un des hommes de me couper le nez," a poursuivi le témoin. Son nez n'a toutefois pas été coupé, par contre il a été battu et conduit plus tard à un barrage routier, a-t-il dit.

Jeudi, le Tribunal entendait la déposition D'un autre témoin désigné par le pseudonyme "VAR". l'ancien maire Semanza répond de quatorze chefs de génocide, de crimes contre l'humanité comprenant des viols et de crimes de guerre.

SW/JC/GA/AT/FH (SE_0315A)