13.03.2001 - TPIR/MEDIAS - LE TRIBUNAL SOLLICITE LA COOPERATION D'UN TEMOIN DU PARQUET

Arusha, le13 mars 2001 (FH)- Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a sollicité la coopération D'un témoin rwandais du parquet, qui refusait de répondre aux questions D'un avocat au cours D'une audience mardi en fin de matinée dans le procès des médias.

Le douzième témoin du parquet, Adrien Rangira, un ancien journaliste devenu député au parlement rwandais dès novembre 1994, avait refusé de répondre aux questions de l'avocat canadien, Me René Martel, co-conseil dans l'affaire de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des coaccusés dans ce procès.

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Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des milles collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

"Nous faisons appel à votre coopération pour que vous puissiez nous aider à répondre aux questions qui sont posées au mieux de votre capacité", a indiqué au témoin la présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay.

Adrien Rangira estimait qu'il avait le droit de ne pas répondre à certaines questions, arguant qu'il n'était pas venu "subir un interrogatoire".

"Dans ce Tribunal ce sont les juges qui contrôlent les questions qu'il faut poser. Il appartient au témoin de répondre aux questions qui sont posées", a fait remarquer la juge Pillay. "La seule occasion où vous pouvez ne pas répondre à des questions, c'est quand vous craignez D'être incriminé par votre réponse", a précisé la juge.

Le témoin tentait D'éviter des questions en rapport avec le système politique en vigueur au Rwanda, expliquant qu'il n'était pas venu "faire de la politique." "Ce sont des questions pertinentes pour la défense de M. Ngeze. Etant donné que votre témoignage est lié aux activités idéologiques, les questions politiques sont pertinentes pour la cause", a dit la présidente de la chambre.

l'avocat canadien a plus tard déclaré que "il apparaît clairement que le témoin est un témoin hostile qui ne veut pas répondre aux questions de la défense". La chambre a invité l'avocat à poser des questions claires au témoin et non à commenter ses réponses.

Des incidents de ce genre sont assez fréquents dans ce procès où des témoins cités par le parquet répondent normalement aux questions du procureur, mais échangent des propos peu courtois avec des avocats de la défense lors des contre-interrogatoires.

Adrien Rangira témoigne à propos de la revue Kangura et de la RTLM. Sa déposition se poursuivait mardi en début D'après-midi.
AT/PHD/FH(ME_0313A)