12.03.2001 - TPIR/MEDIAS - UN TEMOIN ACCUSE UN EX-MINISTRE DETENU D'AVOIR ECRIT DES ARTICLES DANS KA

Arusha, le 12 mars 2001 (FH)- Un ancien journaliste entendu comme témoin dans le procès des médias a accusé l'ancien ministre de la santé sous le gouvernement intérimaire détenu à Arusha, Casimir Bizimungu, D'avoir écrit des articles dans la revue Kangura, lors de sa déposition lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le douzième témoin de l'accusation, Adrien Rangira, ancien journaliste dans les périodiques "Kanguka" et "Le Flambeau", a déclaré qu'il tenait cette information de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze lui-même, un des coaccusés dans ce procès.

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Le procès des médias concerne outre Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des mille collines , Ferdinand Nahimana, et l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Adrien Rangira, actuellement député au parlement rwandais, a affirmé que Casimir Bizimungu aurait écrit un article non signé dans Kangura, qui impliquait le Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion à dominante tutsie) dans l'assassinat de l'ancien président hutu du Burundi, Melchior Ndadaye.

Le témoin, qui a déposé à visage découvert à la demande de la défense de Ferdinand Nahimana, a ajouté que D'autres cadres de l'ex-parti présidentiel, le MRND, contribuaient à la rédaction de Kangura.

Le témoin avait auparavant déclaré qu'il présumait que Kangura avait été créé sur financement de deux officiers de l'armée, les colonels Laurent Serubuga, et Pierre Célestin Rwagafilita, respectivement ex-chefs D'Etat majors de l'armée et de la gendarmerie rwandaises.

Adrien Rangira a plus tard rapporté qu'il avait appris que Kangura aurait reçu de l'argent provenant de la "caisse noire du service de renseignement".

Le témoin a indiqué que la ligne éditoriale de Kangura se résumait en ce que les Hutus au Rwanda étant majoritaires "le pouvoir comme le pays leur reviennent et que les Tutsis, qui sont minoritaires, devraient obéir et se soumettre, et s'ils n'acceptent pas cela, ils doivent se faire tuer".

Adrien Rangira a soutenu que Kangura a incité à la violence contre des personnes physiques, y compris contre lui même.

La déposition D'Adrien Rangira se poursuivra mardi matin.

AT/FH(ME_0312B)