19.02.2001 - TPIR/MEDIAS - HASSAN NGEZE DEMANDE LE REMPLACEMENT DE SES AVOCATS

Arusha 19 février 2001 (FH) - l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a demandé le remplacement de ses avocats, a-t-on constaté lundi à Arusha.

l'accusé a brièvement pris la parole lundi à la reprise des audiences et indiqué qu'il voudrait faire "sortir mes deux avocats".

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Hassan Ngeze est représenté par les avocats américain, Me John Floyd, et canadien, Me René Martel.

Me Floyd avait auparavant sollicité une audience à huis clos afin que l'on puisse discuter des questions qu'il avait à soulever. Le Tribunal a décidé que ce problème sera débattu après l'interrogatoire principal du septième témoin de l'accusation dont la déposition devait commencer lundi matin.

Les juges devaient néanmoins statuer, à huis clos, sur le fait que ce témoin devait déposer sous couvert D'anonymat ou non, à la demande de la défense D'un des coaccusés de Hassan Ngeze, l'ancien directeur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana.

Dans une lettre adressée au cours du week-end à la présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et présidente de la chambre qui le juge, la Sud-africaine Navanethem Pillay, lettre dont l'agence Hirondelle a obtenu une copie, Hassan Ngeze indique qu'il a perdu confiance en ses défenseurs actuels et sollicite la nomination D'un conseil de permanence, en attendant la commission D'office D'un autre avocat.

Jeudi dernier, Hassan Ngeze avait déjà réclamé le départ de Me Martel, l'accusant D'avoir comploté pour licencier trois membres de l'équipe de sa défense (un assistant juridique et des enquêteurs). Au passage, l'accusé demande au greffe de les réhabiliter dans leurs fonctions, afin qu'il continue à préparer sa défense avec eux.

Hassan Ngeze reproche notamment à ses avocats D'avoir demandé un délai indu pour l'audition D'une requête en annulation de l'acte D'accusation, alors que pour lui, elle devait être entendue "in limine litis", à savoir avant la continuation du procès, le 5 février dernier.

l'ancien responsable de Kangura allègue que des documents essentiels à sa défense ont été "volés" au cours D'une fouille effectuée dans sa cellule le 10 janvier dernier par les agents du TPIR, suite aux informations faisant état du fait qu'il avait ouvert un site internet à l'intérieur de la prison.

l'accusé reproche également à Me Floyd et Me Martel D'avoir coupé le contact avec lui depuis qu'il boycotte son procès le 5 février. "Ils m'ont rencontré à une occasion seulement alors que le procès suit son cours voici deux semaines déjà", se plaint-il.

En boycottant son procès, Hassan Ngeze réclamait notamment la traduction intégrale, en français et en anglais, de 71 numéros de Kangura, sur lesquels le procureur fonde ses allégations. AujourD'hui il affirme que ses avocats ont manifesté "leur incompétence" en ne convainquant pas le Tribunal et le greffe de la nécessité de cette traduction.

Par le passé, Hassan Ngeze s'est séparé des avocats kenyans, Mes Wamuti Ndegwa et Kamau Ngata, canadien, Me André Gagnier et congolaise, Me Patricia Annick Mongo.

Outre Ferdinand Nahimana, Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Jean-Bosco Barayagwiza boycotte, quant à lui, ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, affirmant que le TPIR ne peut le juger équitablement.

Le greffier a récemment ordonné un examen médical psychiatrique pour Hassan Ngeze. Celui-ci considère qu'il s'agit "D'une campagne de calomnie" motivée par "l'incapacité" du Tribunal et de ses services à faire respecter ses droits.

AT/PHD/FH (ME_0219A)