31.01.2001 - TPIR/CYANGUGU - l'ANCIEN PREFET BAGAMBIKI SELECTIONNAIT DES TUTSIS SUR BASE DE LISTES,

Arusha 31 janvier 2001 (FH) - l'ancien préfet de Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), Emmanuel Bagambiki, a sélectionné des Tutsis à partir des listes préétablies avant leur massacre, a affirmé un témoin entendu mercredi par le Tribunal international pour le Rwanda (TPIR).

Le dix-neuvième témoin de l'accusation a indiqué qu'Emmanuel Bagambiki est venu plusieurs fois au stade Kamarampaka de Cyangugu où s'étaient réfugiés des Tutsis persécutés, fait arrêter certains D'entre eux et ordonné leur mise à mort.

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"Bagambiki venait avec des militaires au stade. Et Bagambiki avait une liste. Il appelait des personnes par leurs noms. Ces personnes étaient arrêtées et ne revenaient plus", a rapporté le témoin qui s'exprimait en sa langue maternelle le kinyarwanda.

Désigné par les lettres "LAH" pour protéger son anonymat, le témoin a affirmé que les Tutsis enlevés sur ordre de l'ancien préfet ont été conduits au lieu-dit Gatandara et tués.

Emmanuel Bagambiki est coaccusé avec l'ancien ministre des transports sous le gouvernement intérimaire, originaire de Cyangugu, André Ntagerura, et l'ancien commandant de la garnison militaire de la place, le lieutenant Samuel Imanishimwe.

Le parquet affirme qu'à "plusieurs reprises au cours D'avril à juin 1994, les autorités de Cyangugu, notamment le préfet Emmanuel Bagambiki, le lieutenant Samuel Imanishimwe et le ministre André Ntagerura, ont sélectionné à partir de listes préétablies des réfugiés du stade, majoritairement des Tutsis et certains Hutus de l'opposition. Ces réfugiés furent alors arrêtés et par la suite exécutés dans un endroit nommé Gatandara".

Le témoin LAH n'a pas identifié Emmanuel Bagambiki au cours de l'audience. Il a désigné André Ntagerura (ancien ministre des transports sous le gouvernement intérimaire) en lieu et place de l'ancien préfet. Le juge jamaïcain George Williams qui présidait les débats a ordonné qu'il
soit inscrit au dossier que le témoin n'a pas reconnu l'accusé Bagambiki.

Le dix-huitième témoin de l'accusation, "LI", qui l'a précédé à la barre, a accusé des militaires D'avoir torturé des réfugiés tutsis, avant de les exécuter.

Le parquet allègue qu'entre les mois D'avril à juillet 1994, "le lieutenant Imanishimwe a participé avec ses militaires à la sélection et l'arrestation des Tutsis dont certains furent par la suite exécutés au camp militaire de Cyangugu. De plus le lieutenant Samuel Imanishimwe a ordonné à des militaires D'exécuter certaines personnes soupçonnées D'être tutsies". Les coaccusés plaident non coupables.

AT/MBR/FH (CY_0131A)