18.01.2001 - TPIR/CYANGUGU - l'ANCIEN PREFET ET l'EX-COMMANDANT ACCUSES DE DISTRIBUER DES ARMES

Arusha18 janvier 2000 (FH) - l'ancien préfet de Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), Emmanuel Bagambiki, et l'ex-commandant de la garnison militaire de la place, le lieutenant Samuel Imanishimwe, auraient distribué des armes qui ont servi à massacrer des Tutsis, a affirmé un témoin entendu jeudi par Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné par les lettres "LAK" pour protéger son anonymat, le quinzième témoin de l'accusation a indiqué que les deux notables ont apporté des fusils et "quelques cartouches", ainsi que des machettes qui ont été utilisées dans des attaques contre les Tutsis réfugiés à la paroisse de Shangi et au centre de santé de Bunyenga.

1 min 5Temps de lecture approximatif

Tutsi originaire de la commune Gafunzo, le témoin a signalé que ces armes étaient stockées chez un voisin hutu chez lequel il avait pris refuge, peu après l'annonce de la mort de l'ancien président Juvénal Habyarimana, suivie du déclenchement du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants.

Emmanuel Bagambiki et le lieutenant Imanishimwe auraient laissé sur place six fusils et quarante machettes, selon les dires de LAK.

l'ancien préfet Bagambiki et l'ex-commandant Imanishimwe sont coaccusés avec l'ancien ministre des transports sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura, originaire de Cyangugu. Le parquet allègue qu'ils se sont entendus pour exterminer les Tutsis dans la région. Ils plaident non coupable. Un ancien chef milicien toujours en fuite, Yussuf Munyakazi, est régulièrement cité dans les témoignages.

Ce procès a débuté sur le fond le 18 septembre 2000. Plus de cent mille Tutsis ont été massacrés en préfecture de Cyangugu dans un espace de vingt trois jours, selon le parquet.

AT/PHD/FH (CY_0118A)