30.10.2000 - TPIR/CYANGUGU - DES VICTIMES ASPERGEES DE PETROLE ET IMMOLEES SELON UN TEMOIN

Arusha, le 30 octobre 2000 (FH) - Des réfugiés tutsis ont été aspergés de pétrole et immolés durant une attaque à Cyangugu, au sud-ouest du Rwanda, en 1994 a indiqué lundi un témoin à charge devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) au cours du procès dit de "Cyangugu" contre trois suspects de génocide.

Le neuvième témoin de l'accusation, connu sous le pseudonyme "LAY" pour des raisons de sécurité, a indiqué que les tutsis qui s'étaient réfugiés dans la Paroisse de Nyamasheke à Cyangugu ont été arrosés de pétrole et mis en feu au cours D'une des attaques de mi-avril 1994 qui a laissé des milliers de victimes.

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Il s'exprimait durant le contre-interrogatoire dans le procès de l'ex préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, de l'ancien commandant militaire des casernes de Cyangugu, Samuel Imanishimwe et de l'ex-ministre des Transports, André Ntagerura.

Le parquet indique que les trois suspects ont conspirés ensemble pour organiser l'extermination des tutsis à Cyangugu durant le génocide de 1994.

Le témoin "LAY" a dit qu'il avait vu les victime brûler, y compris son propre bébé, née à la Paroisse de Nyamasheke où sa famille s'était rendue pour échapper aux persécutions. Il a dit qu'elle avait brûlé à mort avec sa femme, quelques jours après qu'ils soient arrivés à la paroisse.

Néanmoins, l'avocat canadien de Ntagerura, Me Henry Benoit, a dit que le témoin faisait cette déclaration afin que le scénario "sonne plus lugubre" et implique les autorités. Il a indiqué qu'il y avait des contradictions entre la déclaration écrite du témoin "LAY" aux enquêteurs du TPIR et ce que disait le témoin à la Cour.

Le témoin "LAY" a encore indiqué que des véhicules étaient utilisés pour amener le pétrole à la Paroise de Nyamesheke, y compris celui D'un des bureaux communaux. Il a dit que les attaquants ont versé le pétrole sur des bandes de tissu et sur les matelas mousse pour enflammer les bâtiments et les réfugiés.

La défense persiste à dire que le témoin n'a pas inclus ces détails dans sa déclaration écrite et que cela était discutable. Le défenseur de Imanishimwe, Georges So'o, maintient que le témoin, qui a perdu toute sa famille et ses biens dans le génocide, n'est peut-être pas objectif dans son témoignage.

Les suspects sont jugés devant la 3ème Cour du TPIR composée des juges Lloyd Williams de Jamaïque (Président), Yakov Ostrovsky de Russie et Pavel Dolenc de Slovénie. Le contre-interrogatoire du témoin devrait continuer mardi.

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