25.10.2000 - TPIR/MEDIAS - LA DEFENSE DEMANDE DE NE PAS TENIR COMPTE DE LA DEPOSITION DU PREMIER TEM

Arusha 25 octobre 2000 (FH) - La défense dans le procès des responsables des médias de la haine a demandé de ne pas tenir compte de la déposition du premier témoin de l'accusation lors D'une audience mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le premier témoin à charge est un journaliste suisse, Philippe Dahinden, qui a notamment affirmé que la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM), "a tué" les Tutsis en 1994.

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Sont concernés par ce procès, l'ancien directeur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ex-conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef du journal Kangura, Hassan Ngeze.

l'avocat américain de Hassan Ngeze, Me John Floyd, a contesté une cassette vidéo réalisée par le témoin et qui n'avait pas été communiquée à la défense avant sa déposition devant la cour.

"Le meilleur moyen de preuve c'est celui qui est communiqué", a plaidé Me Floyd, avant de réclamer des sanctions contre le procureur, pour violation du règlement, a-t-il dit.

La cassette contenait des entretiens que le témoin avait eus avec Ferdinand Nahimana et le rédacteur en chef de la RTLM, Gaspard Gahigi, lors D'une de ses visites au Rwanda avant 1994.

Les avocats de Nahimana ont de leur côté demandé que toutes les références aux événements antérieures à 1994 soient "expurgées" du témoignage de Dahinden.

Philippe Dahinden avait notamment évoqué le rôle qu'avait joué la radio nationale rwandaise, alors dirigée par Ferdinand Nahimana, lors des massacres de Tutsis au Bugesera (sud de Kigali) en 1992.

La défense a plaidé que cela ne relevait pas de la compétence temporelle du Tribunal. Les avocats ont par ailleurs soutenu que le témoignage se basait par endroits sur des ouï-dire.

Ferdinand Nahimana est défendu par l'avocat français, Me Jean-Marie Biju-Duval et une consoeur anglaise, Me Diana Ellis.

La défense s'est également demandée si Philippe Dahinden avait déposé comme témoin des faits ou comme expert.

Le procureur adjoint du TPIR, le Camerounais Bernard Muna, a répondu que les éléments antérieurs à 1994 étaient présentés pour justifier "une ligne de conduite délibérée".

Bernard Muna a par ailleurs indiqué "que le meilleur élément de preuve, c'est une personne vivante qui présente l'élément et non un objet inanimé [...] La bande vient corroborer ce que dit le témoin". Le Tribunal devrait rendre sa décision jeudi dans l'après-midi.

AT/DO/FH (ME%1025B )