22.05.2000 - TPIR/BAGILISHEMA - l'EX-MAIRE DE MABANZA N'AVAIT PLUS D'AUTORITE LORS DES MASSACRES, SE

Arusha 22 mars 2000 (FH) - Un témoin a dit lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l'ancien maire de Mabanza (préfecture de Kibuye, ouest du Rwanda) Ignace Bagilishema n'avait plus D'autorité pendant les massacres de 1994.

Au cours de l'interrogatoire principal, le neuvième témoin de la défense a indiqué que le pouvoir se trouvait dans les mains de l'assistant-bourgmestre, Célestin Semanza, dont le parti politique MDR (Mouvement démocratique républicain) était le plus puissant dans la commune Mabanza.

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Présenté sous le pseudonyme KA pour raisons de sécurité, le témoin a expliqué qu'à l'avènement du multipartisme, le parti MDR était majoritaire dans la commune que dirigeait l'accusé. Ignace Bagilishema était du parti présidentiel MRND (Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement) "qui n'avait plus de poids en commune Mabanza", selon le témoin.

"l'assistant -bourgmestre Semanza était le favori de la population, il convoitait le poste de bourgmestre, voire nourrissait les ambitions de le renverser. Et D'ailleurs dans leurs meetings politiques, les adhérents de ce parti lançaient des slogans qui demandaient au bourgmestre de démissionner", a notamment indiqué le témoin.

Monsieur KA a précisé que cette situation s'est aggravée pendant la période des massacres, au cours de laquelle l'assistant-bourgmestre Semanza a été très actif.

Le témoin a notamment cité une réunion qu'aurait dirigé Semanza, au cours de laquelle il aurait encouragé les jeunes de la commune Mabanza à se joindre aux "Abakiga venus du nord et non originaires de la commune Mabanza, pour exterminer les Tutsi".

Au cours du contre-interrogatoire, le procureur et les juges,ont soulevé le fait qu'une seule réunion dirigée par Semanza ne suffit pas pour conclure à la perte D'autorité du bourgmestre Bagilishema.

l'accusation a insisté sur le fait que l'accusé était toujours responsable de sa commune, et qu'il avait toute l'autorité, citant en exemple le fait D'octroyer des cartes D'identité de mention ethnique "hutu" aux Tutsi menacés, pour les sauver, comme l'avait affirmé le témoin dans sa déposition.

Le TPIR devrait poursuivre mardi l'audition des témoins de la défense dans l'affaire Bagilishema.

Ignace Bagilishema est poursuivi pour génocide, divers crimes contre l'humanité, et pour crimes de guerre. Son procès a commencé le 27 septembre 1999 devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana et turc Mehmet Güney.

BN/PHD/FH (BS%0522A )