28.04.2000 - TPIR/BAGILISHEMA - BAGILISHEMA A TENU DES REUNIONS DE PACIFICATION, SELON UN TEMOIN

Arusha 28 avril 2000 (FH) - Un témoin de la défense, entendu vendredi, a déclaré aux juges du Tribunal pénal international (TPIR) avoir participé à deux réunions de pacification organisées par l'ancien maire de Mabanza, en préfecture de Kibuye dans l'ouest du Rwanda, Ignace Bagilishema.

Le témoin, nommé "KC" pour protéger son identité, âgé de 41 ans, est un Hutu originaire de Mabanza, qui vivait à Kigali, la capitale, avant les événements D'avril 1994.

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Il s'est rendu à Mabanza le 23 mai 1994, fuyant l'avancée des troupes du Front Patriotique Rwandais (FPR).

Avant son départ en exil vers le Congo-ex-Zaire en juillet la même année, le témoin a eu l'occasion de participer à deux réunions organisées dans deux secteurs de la commune Mabanza.

"Au cours des deux réunions, Bagilishema a invité la population à ne pas écouter les envahisseurs venus du Nord pour semer la division ethnique", a dit le témoin. "Bagilishema a dit à la population qu'il ne fallait pas confondre tous les Tutsis avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) que l'armée rwandaise combattait", a ajouté le témoin.

Par ailleurs, selon le même témoin, au cours D'une de ces réunions, Bagilishema a demandé à la population de ne pas toucher aux terres et aux biens des personnes qui avaient fui, en expliquant qu'ils allaient revenir un jour.

Le témoin a par ailleurs déclaré aux juges qu'il avait obtenu de Bagilishema des laissez-passer", pour aider une famille fugitive à poursuivre sa fuite parce qu'elle était menacée par des "Abakiga venant du Nord". "Bagilishema savait bien que cette famille comprenait des hutus et des tutsis parce je lui avais montré leurs cartes D'identité", a affirmé le témoin.

Au cours du contre-interrogatoire, le témoin, le quatrième cité par la défense, a affirmé devant les juges qu'au barrage routier qu'il a vu non loin de la commune Mabanza (barrière dite de TRAFIPRO), il n'y avait pas de contrôle de carte D'identité.

"J'ai eu l'impression que la barrière était mise en place pour contrôler les véhicules", a-t-il dit, avant de préciser qu'il n'avait reconnu personne parmi les gens qui la tenaient.

Ignace Bagilishema est poursuivi notamment pour génocide, complicité en vue de commettre le génocide, incitation au génocide, divers crimes contre l'humanité, et des crimes de guerre. Son procès a commencé le 27 septembre 1999.

CR/PHD/FH (BS%0428A)