KIBUYE APPROUVE LA PEINE IMPOSEE A L'EX-MINISTRE

Kibuye, 21 mai 2003 (FH) - Les habitants de Kibuye (ouest du Rwanda) ont approuvé la peine d'emprisonnement à vie imposée à l'ancien ministre de l'information, Eliézer Niyitegeka, un natif de la région, le 15 mai dernier par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Eliézer Niyitegeka, 51 ans, a été déclaré coupable de génocide et de crimes contre l'humanité commis en grande partie dans sa région natale de Bisesero.

1 min 29Temps de lecture approximatif

Les habitants de Kibuye contactés par Hirondelle ont qualifié la peine qui lui a été imposée comme "correspondante aux crimes commis".

Certains habitants de cette petite ville située sur les rives du lac Kivu se sont retirés dans des bars pour festoyer, suite à l'annonce du jugement. D'autres ont quitté plus tôt que d'habitude leurs lieux de travail pour en discuter avec des voisins. Le jugement a été transmis en direct sur les antennes de Radio Rwanda.

"Etant donné le nombre de gens qu'il a tués et la souffrance que continuent d'endurer les rescapés, je crois qu'il mérite cette punition", a déclaré Joseph Ndahimana, un soldat démobilisé, natif de Kibuye.

Un groupe d'étudiants de l'Institut supérieur de santé publique de Kigali, originaires de Kibuye, debout sous la véranda faisant face à l'avenue principale, ont également approuvé la sentence. "Il a reçu une peine appropriée. Je souhaite qu'il en aille de même pour les autres qui ont tué des gens innocents", a crié l'un d'entre eux.

Quelques habitants de Kibuye ont cependant indiqué que l'ancien ministre a reçu une peine inférieure à celle qu'il méritait. "Pour Arusha, c'est OK", a déclaré Ndikumana, se référant au TPIR. "Mais pour les Rwandais, le seul châtiment qu'il mérite, c'est la mort", a-t-il poursuivi.

En prononçant le jugement, la chambre a conclu que les crimes commis par Niyitegeka étaient pleins de "haine". Les juges ont donné l'exemple du meurtre d'un Tutsi nommé Kabanda. Après son assassinat, il a été décapité et châtré.

Les juges ont également relevé la mise à mort d'une femme tutsie à la suite de laquelle l'accusé a ordonné aux miliciens Interahamwe de tailler un morceau de bois, de l'enfoncer dans ses organes génitaux et de la laisser sur le bord de la route.

AT/GG/CE/GF/FH(NI’0521A)