PLUS DE 160 MORTS DANS LA SECONDE QUINZAINE D’AOUT

Kigali/Arusha, 26 août 98 (FH) - Tandis que l'attention des médias se concentre sur le conflit congolais, une série d'incidents armés ont coûté la vie à au moins cent-soixante personnes au Rwanda depuis la mi-août.

La plupart des victimes, indique-t-on de source officielle à Kigali, sont d’anciens miliciens Interahamwe, fer de lance du génocide de 1994, et des membres des ex-Forces Armées Rwandaises (FAR), tués lors de combats avec les forces gouvernementales de l'Armée patriotique rwandaise (APR).

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Selon l’APR, au moins 130 personnes ont été tuées lors de combats survenus les 12 et 14 août en préfectures de Byumba et de Ruhengeri (nord et nord-ouest du pays), dans les communes de Cyungo et de Nyamugali.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), quelque quinze mille personnes ont fui leurs villages vers la mi-août pour gagner la commune de Nyamutera en préfecture de Ruhengeri, à la suite de combats.

A Byumba (nord), l’APR a indiqué avoir perdu trois hommes et eu cinq blessés lors des affrontements. Cette source ajoute aussi, mais sans aucune précision, que les attaques ont été menées par « plusieurs milliers de rebelles ».

Il n’a pas été possible d’établir si des civils ont été victimes des combats. Le départ du Rwanda, fin juillet, du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a rendu la collecte d’information sur les atteintes aux droits humains plus difficile que jamais.

D’autres incidents armés sont survenus entre-temps. Le 18 août 98 en préfecture de Kigali, cinq élèves et trois paysans ont été tués lors de l’attaque de l’école secondaire de Rwankuba, en commune de Tare, à une trentaine de kilomètres au nord de Kigali, ont indiqué les autorités de la préfecture.

Vers le 20 août dans nord-ouest du pays, les communes de Rwerere et de Karago (préfecture de Gisenyi) ont subi des attaques d’Interahamwe ou d’infiltrés, selon la terminologie officielle utilisée indistinctement pour désigner les rebelles hutus. Six assaillants ont été tués par les troupes gouvernementales, ont indiqué les autorités communales.

Vengeances

Autres morts violentes, à mettre au compte d’une vengeance cette fois, quatorze personnes ont été tuées le 16 août dernier près de Ruhango (préfecture de Gitarama, centre), lors du massacre de deux familles, dont celle du pasteur anglican Emmanuel Gasana, récemment libéré de prison après avoir été innocenté d’une participation présumée au génocide de 1994.

Dans un premier temps, le pasteur a été tenu pour mort, mais selon un communiqué de l’église anglicane locale lu sur Radio Rwanda, il a échappé au massacre, ainsi que l’un de ses enfants.