LE TPIR INVITE DES OFFICIELS RWANDAIS A DES DISCUSSIONS

Arusha, le 30 octobre 2002 (FH) - Le président du Tribunal international pour le Rwanda, la juge Navanethem Pillay, a officiellement invité de hauts responsables rwandais à Arusha, afin de discuter des relations tendues entre l’institution et le gouvernement rwandais, a appris l’agence Hirondelle.

"Les relations entre le TPIR et le gouvernement rwandais figureront au programme de la visite", a confirmé Tom Kennedy, chargé de la section Presse et Relations Publiques du Tribunal.

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Les relations entre le Rwanda et le TPIR sont actuellement au plus bas, le premier accusant le second d’incompétence, tandis que le Tribunal accuse le gouvernement rwandais de refuser de coopérer aux enquêtes sur les crimes de guerre qu’aurait commis l’Armée Patriotique Rwandaise entre juillet et décembre 1994.

Fin juillet, le TPIR a déposé une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité des Nations-Unies au sujet de ce refus de coopérer. Le gouvernement rwandais a répondu par le même canal peu après. A ce jour, aucune résolution n’a été prise par le Conseil de sécurité afin de régler ce différend.

Les officiels rwandais invités sont : Jean de Dieu Mucyo, ministre de la Justice et des Relations Institutionnelles, Gérard Gahima, procureur général et le président de la Cour Suprême, Simeon Rwagasore. Tous trois ont été invités au Tribunal “la première semaine de novembre”, selon une source au TPIR. Tom Kennedy n’a pas été en mesure de confirmer si les officiels rwandais avaient répondu à cette invitation.

L’invitation stipule que les trois officiels rencontreraient le président du TPIR, le greffier, Adama Dieng ainsi que Carla Del Ponte, procureur du TPIR.

Deux importantes associations rwandaises de rescapés du génocide, IBUKA et AVEGA, ont suspendu toute coopération avec le Tribunal depuis le début de l’ année, conseillant à leurs membres de ne pas venir témoigner au TPIR. Cette décision a entraîné la suspension et le report de plusieurs procès, faute de
témoins. Ces associations protestaient, entre autres, contre le fait que des suspects de génocide étaient employés par le Tribunal, et que les témoins étaient victimes de harcèlement et de mauvais traitement de la part d’officiels du Tribunal. La commission mise sur pied par le TPIR et le Rwanda pour traiter de la question avait dû être annulée, les deux parties ne parvenant pas à s’entendre sur son mandat.

En milieu d’année, le gouvernement de Kigali avait annoncé au bureau du procureur du TPIR qu’il ne coopérerait pas dans ses enquêtes de crimes de
guerre qu’auraient commis l’APR durant le conflit qui a installé le gouvernement actuel au pouvoir. Le gouvernement avait motivé sa décision en disant qu’il avait lui-même mené ces enquêtes et instruit les procès qui en découlaient. Un peu plus tard, les services de l’immigration avaient imposé de nouvelles formalités aux témoins voulant témoigner au TPIR. Alors que, pour Kigali, ces formalités étaient « les mêmes pour tous les Rwandais”, le TPIR les considérait comme un obstacle au voyage et à la sécurité des témoins.

GG/CE/GF/FH(RW-1030e)