DES FEMMES RWANDAISES EXIGENT DES SANCTIONS A L'ENCONTRE DES JUGES DU TPIR

Arusha, le 5 décembre 2001 (FH) - Un collectif d'associations de femmes rwandaises a exigé des sanctions "exemplaires" pour trois juges du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour "harcèlement", de témoins à charge dans le procès du groupe Butare (sud du Rwanda), a rapporté mardi Radio Rwanda (officielle).

Dans un communiqué lu à la radio rwandaise, le collectif Profemmes Twese Hamwe "condamne le harcèlement dont sont l'objet les témoins à charge au TPIR notamment les femmes victimes de viols".

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Une femme rwandaise victime de viols multiples a récemment témoigné dans le procès de six personnes poursuivies pour génocide en préfecture de Butare.

Le journal électronique "Diplomatie judicaire" a rapporté que "Après un jour et demi d’interrogatoire par le procureur - environ 100 pages de transcriptions -, elle a dû affronter sept journées de contre-interrogatoires par les différents avocats de la défense.[...] Deux de ces contre-interrogatoires ont duré plus de deux jours devant une chambre composée des juges Sekule, Maqutu et Ramaroson - ayant perdu toute police de l’audience." Le TPIR n'a pas encore officiellement réagi à cet article.

Profemmes Twese Hamwe recommande que le traitement des témoins à charge au TPR soit suivi de près afin que leur "dignité" soit respectée.

Profemmes Twese Hamwe recommande en outre que des procès en rapport avec des viols se déroulent à huis clos et devant des juges femmes.

Le collectif des femmes rwandaises exige en outre que des enregistrements sonores et vidéos du dit témoignage lui soient remis pour un examen approfondi.

Dans une conférence de presse tenue au début de la semaine, le représentant du Rwanda auprès du TPIR, Martin Ngoga, a déclaré qu'il avait été informé des préoccupations qui avaient été exprimées au Rwanda à la suite de cette déposition, ajoutant qu'il était lui-même en train de vérifier ce qui s'était rééllement passé.

Martin Ngoga a, au passage, indiqué que la protection des témoins au TPIR ne devrait se limiter à leur anonymat, mais concerner également les cotés physique et psychologique.

"Si vous laissez les témoins mourir, vous tuez les preuves", a souligné Martin Ngoga, expliquant que les témoins potentiels souffrant de maladies comme le SIDA devraient bénéficier de soins médicaux payés par le TPIR.
AT/DO/FH (BT1205A )