LE RWANDA REITERE LE SOUHAIT DE RAPATRIER LE TPIR

Arusha, le 4 décembre 2001 (FH) - Le représentant du Rwanda auprès du Tribunal d'Arusha, Martin Ngoga, a réitéré le souhait de son gouvernement de rapatrier cette juridiction à Kigali, au cours d'une conférence de presse tenue lundi à Arusha.

Martin Ngoga rappelait une préoccupation exprimée la semaine dernière par le ministre rwandais de la justice, Jean de Dieu Mucyo, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, lors d'un débat consacré au TPIR.

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Le gouvernement rwandais considère que les raisons qui ont fait que le siège du TPIR a été installé à Arusha il y a six ans n'existent plus, avait déclaré le ministre Mucyo.

Martin Ngoga a indiqué que l'un des objectifs du TPIR est la réconcilition au Rwanda mais qu'il ne peut y contribuer, "non pas parce qu'il ne veut pas le faire mais parce qu'il est en dehors du Rwanda".

Le diplomate rwandais a expliqué que les médias qui couvrent régulièrement les travaux du TPIR utilisent l'internet mais que "la majorité de Rwandais ne peuvent accéder aux médias électroniques".

Pour Martin Ngoga, la plupart des Rwandais s'informent par la radio et il a, à cet effet, regretté que Radio Rwanda [officielle] n'ait pas de correspondant permanent à Arusha.

Martin Ngoga a indiqué que peu de Rwandais à Kigali seraient capables de donner le nombre de détenus présents au TPIR, ajoutant que le centre de documentation installé dans la capitale n'est fréquenté que par une infime minorité de gens.

Le diplomate rwandais a affirmé que le procureur du TPIR, la Suissesse Carla del Ponte, soutient l'idée du rapatriement du TPIR, "c'est seulement le président [la juge sud-africaine Navanethem Pillay] qui a des réserves. Elle les attribue aux préoccupations des avocats sur le plan sécurité".

Martin Ngoga a rejeté les dites préoccupations, déclarant que le Rwanda est un pays sûr, où les avocats peuvent exercer leur métier comme dans tout autre pays. Il a ajouté que certains avocats qui exercent au TPIR ont déjà représenté des accusés au Rwanda et qu'ils peuvent témoigner de la situation qui règne dans le pays sur le plan sécurité.

Martin Ngoga a indiqué que le parquet a des bureaux à Kigali ainsi que des enquêteurs qui sillonnent le pays et que dans son entendement ces agents n'ont pas été sacrifiés. "Le Rwanda est plus sûr que la plupart de ses voisins", a déclaré Ngoga.

Le représentant du Rwanda a proposé qu'en attendant le transfert du TPIR à Kigali, l'on tienne quelques audiences au Rwanda ou que l'on utilise le procédé de vidéoconférence. Ce serait une "sorte de transition vers la relocalisation", a-t-il dit.
AT/DO/FH (rw1204b )