17.07.07 - TPIR/KAREMERA - UN TEMOIN ACCUSE D'AVOIR DEPOSE EN ECHANGE D'UNE RECOMPENSE

Arusha, 17 juillet 2007 (FH)-Un avocat a suggéré qu’un témoin a déposé contre son client en espérant des faveurs de Kigali, mardi dans le procès des dirigeants de l’ex-parti au pouvoir en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

 

 

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Me Chantal Hounkpatin (France), qui représente l’ancien président de l’ex-parti présidentiel rwandais, Matthieu Ngirumpatse, a allégué que le témoin protégé « FH », détenu dans son pays depuis dix ans en rapport avec le génocide de 1994, a fait le déplacement d’Arusha moyennant une promesse de récompense de la part des autorités.

 

« La contrepartie des témoignages serait l’abandon des poursuites », a laissé entendre Me Hounkpatin.

 

Le témoin, un ancien responsable administratif local dans la préfecture Gitarama (centre du Rwanda), a déjà été cité par le procureur du TPIR dans deux autres affaires.

 

« Je vous prie Maître de ne pas me faire un procès d’intention. J’ai commencé à témoigner avant que je ne sois en détention. Je ne suis pas venu témoigner parce que je suis en détention. Ce que j’attends c’est la vérité. Mais je n’attends rien en contrepartie de ma déposition », a répondu le témoin.

 

Ngirumpatse est accusé avec l’ancien vice président du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) Edouard Karemera ainsi que l’ex- secrétaire général de ce parti, Joseph Nzirorera.

 

L’avocat de Karemera, Me Félix Sow (Sénégal), s’est notamment attardé sur l’une des précédentes auditions du témoin par une chambre du TPIR et y a relevé plusieurs éléments en contradiction avec sa déposition actuelle.

 

Le témoin a notamment été confronté à une interview qu’il avait accordée à Radio Rwanda en 1994 dans laquelle il soutenait le gouvernement intérimaire, alors que devant le tribunal il l’accuse d’être responsable du génocide des Tutsis en particulier à Gitarama.

 

M.FH a rétorqué que « compte tenu des moments difficiles que je vivais, j’ai déclaré tout ce qui me passait par la tête ».

 

« Suivant vos intérêts, vous pouvez dire la vérité comme vous pouvez ne pas la dire ? », a lancé l’avocat. L’ex-responsable administratif local a indiqué qu’il avait fait l’apologie du gouvernement pour sauver sa peau.

 

Revenant à la charge, Me Sow a suggéré au témoin que « même aujourd’hui, vous ne dites pas la vérité surtout que l’on sait que vous n’êtes pas en liberté».

 

« Les temps sont différents. De toutes les façons le génocide est terminé. De plus j’ai donné ce témoignage quand j’étais libre. C’est ma petite pierre pour contribuer à la vérité. Vous ne pouvez pas comparer deux moments différents », a-t-il dit.

 

La défense de Nzirorera contre- interrogera ce témoin mercredi.

 

Ce procès dit Karemera et autres a commencé en septembre 2005. Le procureur en est à son 18ème témoin sur la soixante attendue. Les débats devraient se poursuivre au-delà du 31 décembre 2008, date fixée pour la fin du mandat du TPIR.

 

AT/GF

 

© Agence Hirondelle