KIGALI DEMANDE A PARIS D’EXTRADER DES SUSPECTS DE GENOCIDE

 Arusha, 31 juillet 2007 (FH - RWANDA/FRANCE) - Kigali demande à Paris d’extrader des suspects de génocide qui résideraient dans l’Hexagone, a déclaré mardi à l’AFP la secrétaire d’Etat rwandaise à la coopération régionale, Rosemary Museminari.
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La responsable rwandaise a notamment posé comme préalable au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays rompues en novembre 2006 "l'extradition vers le Rwanda" des présumés génocidaires exilés en France. Elle a par ailleurs exigé « d’abord que toutes les questions à l'origine de la rupture soient préalablement résolues». Kigali a rompu unilatéralement ses relations avec Paris à la suite de mandats d'arrêt émis contre neuf personnalités proches du président Paul Kagame dans l'enquête française sur l'attentat, le 6 avril 1994, contre le chef de l'Etat rwandais de l'époque, Juvénal Habyarimana. Cet assassinat avait déclenché le génocide qui a fait, selon Kigali, un million de morts essentiellement des membres de la minorité tutsie. Le gouvernement qui s’est installé à Kigali en juillet 1994 a toujours accusé Paris d’avoir soutenu militairement et politiquement les responsables du génocide. La France rejette ses allégations. Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, se rendra à Kigali prochainement sur invitation des autorités rwandaises, a déclaré Rosemary Museminari citée par l’AFP. Il devrait discuter avec ses interlocuteurs rwandais de toutes les questions, y compris celles qui fâchent, selon une source française qui a requis l’anonymat. L’Organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres, African Rights, a publié le 24 juillet dernier, une liste de Rwandais suspectés de génocide par leur gouvernement qui vivraient en France. Cette liste a été publiée au lendemain de l’arrestation par Paris, à la demande du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), de l’ancien préfet Laurent Bucyibaruta et de l’abbé Wenceslas Munyeshyaka. La liste d’African Rights mentionne notamment Dominique Ntawurikuriryayo, ancien sous-préfet de Gisagara (sud), déjà mis en accusation par le TPIR. L’organisation cite par ailleurs le Dr Sosthène Munyemana, ancien médecin à l’hôpital universitaire de Butare (sud) ainsi que François Ndayisenga, ancien professeur à l’université à Butare. African Rights appelle les autorités françaises à les traduire devant la justice. La France a déjà remis deux personnes au TPIR, l’ancien ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Jean de Dieu Kamuhanda, ainsi que l’ancien commandant du bataillon de reconnaissance, une unité d’élite de l’ancienne armée rwandaise, le major François-Xavier Nzuwonemeye. AT/GF © Agence Hirondelle