UN TEMOIN AFFIRME QUE RENZAHO N’AVAIT AUCUN POUVOIR SUR LES MILITAIRES

Arusha, 22 août 2007 (FH - TPIR/RENZAHO) - Tharcisse Renzaho, l’ancien préfet de Kigali pendant le génocide de 1994, jugé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), n’avait aucun pouvoir disciplinaire sur les soldats même s’il était officier, a affirmé mercredi un témoin déposant en sa faveur.  

 
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Dernier représentant de l’autorité civile dans la capitale après le départ du gouvernement, «le colonel Renzaho avait un droit de regard mais pas de pouvoir de discipline ; il devait faire un rapport à ceux qui avaient le pouvoir de sanction » a expliqué le témoin déposant sous anonymat mercredi après midi.   « Il n’avait pas de pouvoir de sanction sur l’armée ni sur la gendarmerie » a-t-il insisté.   Le parquet allègue que « vers le 7 avril 1994, et régulièrement après, Tharcisse Renzaho a diffusé des ordres sur les ondes de Radio Rwanda, à l’intention des militaires, des gendarmes, des milices, des citoyens locaux et des militaires démobilisés, leur demandant d’ériger et de garder des barrages routiers aux fins d’intercepter, d’identifier et de tuer les Tutsis ».   Le témoin, interrogé par le co-conseil de Renzaho, Me Barnabe Nekui (Cameroun), a expliqué qu’"il y avait trois armées dans Kigali : les FAR (Forces armées rwandaises, forces régulières (NDLR), le FPR (forces rebelles installées à Kigali dans le cadre d’un accord de paix (NDLR) et la MINUAR (forces des Nations unies chargées de surveiller l’application de l’accord de paix (NDLR)".   Il a par ailleurs réfuté les allégations selon lesquelles Renzaho aurait distribué des armes aux tueurs, expliquant que la préfecture de la ville de Kigali n’en disposait guère.   Il a également indiqué qu’il ne pouvait s’en procurer au ministère de la défense. « Il n’y avait pas d’armes à la préfecture de la ville de Kigali. Il n’y avait pas d’armes au ministère de la défense », a-t-il dit.   Selon le témoin, « l’armement se trouvait à la base logistique de l’armée rwandaise » et de très longues formalités administratives étaient nécessaires pour en disposer.   Renzaho, 63 ans, présente sa défense depuis le mois de mai dernier. Ce témoin, un ancien militaire, est le 24ème.   Le procès a commencé le 8 janvier et doit se terminer le mois prochain. Renzaho est accusé de génocide et de crimes contre l’humanité notamment pour meurtre. Il plaide non coupable.   Renzaho a été arrêté en République démocratique du Congo (RDC) en septembre 2002.   Me Nekuie assiste Me François Cantier du barreau de Toulouse (France) dans sa défense.     PB/GF   © Agence Hirondelle