LA DEFENSE D’UN EX-MAGISTRAT DANS SA DERNIERE LIGNE DROITE

  Arusha, 27 août 2007 (FH - TPIR/NSHAMIHIGO )- La défense d’un ancien magistrat est entrée dans sa dernière ligne droite lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui le juge pour génocide et crimes contre l’humanité.  
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Siméon Nshamihigo, 47 ans, était substitut du procureur à Cyangugu (sud-ouest du Rwanda) en 1994. Il est accusé de massacres de Tutsis dans cette région et plaide non coupable.   Lundi, le tribunal a entamé l’audition des vingt cinq derniers témoins de la défense dans une session qui devrait s’achever le 21 septembre.   Nshamihigo cite des témoins à décharge depuis le 23 avril 2007. Au 3 mai, date de la suspension des débats, il avait fait comparaître quinze témoins.   Lundi, le tribunal a entendu la déposition d’un témoin protégé portant le pseudonyme « SBS ». Il a expliqué qu'il était pasteur au sein d’une église protestante à Cyangugu et qu'il n'avait jamais vu Siméon Nshamihigo porter une arme durant les trois mois qu’a duré le génocide des Tutsis en 1994.   Le procureur allègue que, durant cette période, Nshamihigo disposait d’un  stock d’armes à sa résidence à Cyangugu. Il les aurait ultérieurement distribuées aux miliciens Interahamwe affiliés à l’ex-parti au pouvoir à qui il aurait ordonné de tuer les Tutsis réfugiés dans plusieurs endroits à Cyangugu notamment dans des paroisses.   Certains témoins du procureur ont affirmé que l’accusé lui même portait une arme et revêtait un uniforme militaire.   Le témoin SBS a déclaré qu’il connaissait très bien Nshamihigo et a indiqué qu’il ne l’avait jamais vu en tenue militaire entre avril et juillet 1994. « M. Nshamihigo aimait se vêtir de chemises à manches courtes. C’est comme ça que je le voyais souvent », a indiqué SBS.   Arrêté dans l’enceinte du TPIR où il travaillait comme enquêteur dans une équipe de défense en 2001, Siméon Nshamihigo est jugé depuis le 25 septembre 2006.   Le procureur a clôturé son accusation le 29 janvier 2007 après avoir cité vingt quatre témoins.   Nshamihigo est jugé par une chambre présidée par Dennis Byron (Saint-Kitts et Nevis), également président du TPIR.   Le juge Byron est assisté du juge burkinabé Gberdao Gustave Kam et d’un collègue tchèque Robert Fremr. Lundi, le juge Kam était absent pour des raisons de santé.   Nshamihigo est défendu par deux avocats canadiens, Me Denis Turcotte et Me Henri Benoît.   Lors de sa déclaration liminaire le 23 avril 2007, Me Turcotte a affirmé que son client est innocent et  il a demandé aux juges de l’acquitter. «Le tribunal n’est pas le bras vengeur du procureur. Nous gardons confiance dans la capacité des juges à rendre une décision juste fondée sur la preuve », a-t-il plaidé.   L’équipe de la poursuite est dirigée par le juriste ivoirien Alphonse Van.   AT/PB/GF   © Agence Hirondelle